Botulisme infantile: pas de miel avant un an!

Le miel. C’est le péché mignon de Winnie l’ourson mais pas seulement. On est nombreux, nous les adultes, à en raffoler. Mais on le sait bien, la gourmandise n’a pas d’âge. Et pour les jeunes parents qui démarrent ou vont démarrer l’année 2020 avec un nouveau-né, la tentation est grande.

Beaucoup d’entre eux s’imaginent que le miel pourrait augmenter l’attrait d’un simple yogourt. Ou mieux encore, calmer les crises de pleurs de leur enfant la nuit.

«Un peu de miel sur une tétine de bouteille, ça ne fait pas de mal», se dit-on.

Sauf que dans les deux cas de figure, on vous déconseille vivement d’adopter ces astuces comme habitude. Au moins les 365 premiers jours de votre vie de jeunes papa et maman. Pourquoi? Le botulisme infantile, ça vous dit quelque chose? Pas de souci, on vous explique tout!

Il s’agit ici d’une forme rare, mais grave, d’intoxication alimentaire qui peut toucher les bébés jusqu’à l’âge d’un an.

Le miel est le seul aliment qui a été associé au botulisme infantile au Canada.

Plus précisément, le botulisme infantile est causé par les spores de la bactérie Clostridium botulinum, qui sont parfois présents dans le miel pasteurisé ou non pasteurisé. Lorsque le nourrisson en ingère, les bactéries de ces spores peuvent se développer et produire des toxines susceptibles d’entraîner une paralysie.

Côté manifestations, communiquez immédiatement avec votre médecin si votre bébé montre des signes de n’importe lequel des symptômes suivants: constipation, faiblesse musculaire, trop faible pour pleurer ou téter comme d’habitude, le cou trop faible pour soutenir sa tête, aucune expression faciale, les bras et les jambes faibles, de la difficulté à respirer, incapacité à avaler.

Depuis le premier cas signalé en 1979, des dizaines de cas de botulisme infantile ont été signalés au pays, d’après Santé Canada.

Plusieurs de ces cas ont été directement liés à la consommation de miel chez le bébé.

Alors, comment réduire les risques? Parmi les choses à ne pas faire, vous ne devez en aucun cas donner du miel ou du sirop de maïs à un bébé âgé de moins d’un an. Et n’en ajoutez jamais non plus à sa nourriture, son eau, sa préparation ou à sa tétine.

Concrètement, vous pouvez donner du miel seulement aux enfants en santé âgés de plus d’un an. Lorsqu’ils sont rendus à cet âge, des bactéries utiles, qui les protègent contre les spores du Clostridium botulinum, se sont développées dans leur intestin. Le risque de contracter le botulisme infantile devient alors très faible.

Par ailleurs, voici d’autres faits importants que vous devriez connaître sur le botulisme. D’une part, sachez qu’il ne se voit pas, ne se sent pas et ne se goûte pas. D’autre part, la bactérie et les toxines qui causent cette maladie ne modifient pas la couleur, l’odeur ou le goût des aliments.

Enfin, les spores de la bactérie qui provoque le botulisme infantile ne sont pas facilement détruites par la chaleur (lorsqu’elles sont cuites ou bouillies). Maintenant que vous êtes un as du botulisme infantile, vous pouvez reprendre une activité de parents «gâteau»… sans miel bien sûr.

Winnie l’Ourson et son arbre à miel n’ont qu’à bien se tenir!

Et pour les petits malins qui lisent cette chronique, ne pensez pas remplacer le miel par le sirop d’érable. En effet, même si on en trouve assez facilement au Canada, d’après nos investigations, évitez les sucres ajoutés avant un an.

Croyez-nous, vous aurez tout le temps d’initier votre petit(e) Canadien(ne) aux saveurs locales. Donc mieux vaut ne pas habituer trop tôt votre enfant au goût du sucre.

À cet âge, les seuls sucres contenus naturellement dans les aliments (fruits, légumes, laits, céréales…) sont amplement suffisants pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant et veiller à son bon développement.

La gourmandise attendra un peu…