Échanges: Wildcats et Saguenéens les plus améliorés

Maintenant que le long Boxing Day de la LHJMQ est terminé et que la plupart des 18 équipes ont pu marchander à satiété, j’ai pensé vous dresser mon bilan de cette spectaculaire période de transactions.

Commençons d’abord par les cinq puissances du circuit.

À mes yeux, il ne fait aucun doute que les Wildcats et les Saguenéens sont les deux équipes les plus améliorées pour la dernière étape de la saison.

Dans les deux cas, Ritchie Thibeau (Moncton) et Yanick Jean (Chicoutimi) ont procuré à leur équipe respective une profondeur des plus révélatrices.

Et, coïncidence, les deux bonshommes ont utilisé exactement le même plan de match, soit l’ajout d’un gardien, de deux défenseurs et de trois attaquants.

Dans le cas des Chats Sauvages, Dakota Lund-Cornish, Jared McIsaac, Ryan MacLellan, Benoit-Olivier Groulx, Gabriel Fortier et Liam Leonard apportent avec eux une vaste expérience et beaucoup de leadership.

C’est sans oublier l’offensive que McIsaac, Groulx et Fortier vont contribuer dans un club déjà fort bien nanti à ce niveau avec les Axel Andersson, Jordan Spence, Alexandre Khovanov, Mika Cyr, Jakob Pelletier, Jeremy McKenna, Zachary L’Heureux et Elliot Desnoyers.

Ça va tirer à boulets rouges dans le camp les Wildc ats.

Du côté des Saguenéens, l’ajout du portier Carmine-Anthony Pagliarulo pour seconder Alexis Shank, des arrières Patrick Kyte et Karl Boudrias, ainsi que des avants Félix Bibeau, Dawson Mercer et Raphaël Lavoie procurent exactement le même genre de compétence, soit du vécu et du leadership.

Et comme à Moncton, il ne faut pas oublier que Bibeau, Mercer et Lavoie viendront enrichir une attaque qui était déjà plus que respectable avec les Artemi Kniazev, Raphaël Harvey-Pinard, Vladislav Kotkov, Justin Ducharme, Samuel Houde, Félix-Antoine Marcotty, Hendrix Lapierre et Christophe Farmer.

Ceci dit, les trois autres bulldozers du circuit ne sont pas en reste. Ils ont eux aussi fait des ajouts intéressants, quoique ça me paraît moins exceptionnel qu’à Moncton et à Chicoutimi.

Du moins sur papier.

Mais vous savez comme moi que les championnats ne se gagnent pas avec du papier.

Tout de même, j’aime bien la façon dont Jocelyn Thibault a géré les dernières semaines.

D’abord, il faut comprendre que son club n’avait pas besoin d’être tant remodelé que Moncton et Chicoutimi puisqu’il disposait déjà d’une défensive efficace, d’un top-9 à l’attaque assez bien rodée et d’un duo de gardiens impeccable, dont le très surprenant Samuel Hlavaj.

Thibault, qui a déjà vu neiger en tant que joueur, sait que les défensives gagnent souvent les championnats et il a donc mis beaucoup d’emphase là-dessus en allant chercher deux gros bonshommes aguerris en Samuel Bolduc et Xavier Bernard.

Puis, à la toute fin du marché, Thibault a décidé d’aller chercher l’excellent et très rapide Charles-Antoine Roy. Ce dernier se joint à un trio de 20 ans des plus respectables avec Félix Robert et Alex-Olivier Voyer.

Le travail de Thibault permet non seulement au Phoenix de rivaliser sérieusement avec Moncton et Chicoutimi, mais la présence de nombreux jeunes talents de 18 ans (Samuel Poulin, Bailey Peach, Jaxon Bellamy, les jumeaux Anctil, Julien et Vincent, et Xavier Parent, entre autres) va permettre à l’équipe de figurer également parmi les puissances l’an prochain.

Ajoutez à cela les jeunes Patrick Guay et Israël Mianscum qui auront un an de plus.

C’est sans oublier que Thibault saura bien trouver trois bons joueurs de 20 ans pour la prochaine campagne parmi les Nathaël Roy, Benjamin Tardif, Gregory Kreutzer, Olivier Crête-Belzile et Thomas Sigouin.

Les Eagles du Cap-Breton, que je ne voyais pas parmi les favoris avant que ne s’entame la période des transactions, ont néanmoins fourbi leurs armes avec les ajouts de trois joueurs de premier plan en l’arrière Xavier Bouchard et les attaquants Shawn Élément et Tyler Hinam. Beaucoup de caractère à venir de la part d’Élément et Hinam qui sont tous deux taillés sur mesure pour les séries éliminatoires.

Offensivement, les Eagles sont certes redoutables avec aussi les Shawn Boudrias, Egor Sokolov, Mathias Laferrière, Ryan Francis, Derek Gentille et Félix Lafrance, mais leur défensive demeure à mes yeux un tantinet suspecte avec, outre Bouchard, des gars tels que Nathan Larose, Jarrett Baker, Adam McCormick et Kyle Havlena. Remarquez que le boulot accompli par le DG Jacques Carrière pourrait bien me faire mentir.

Surtout que le grand Kevin Mandolese est très solide devant la cage des Aigles.

D’autre part, l’autre puissance du circuit, l’Océanic de Rimouski, s’est elle aussi grandement améliorée.

Ainsi, Serge Beausoleil a trouvé un adjoint solide en Creed Jones pour seconder son numéro un Colten Ellis. Il a également réussi à solidifier sa défensive avec les arrivées de Justin Bergeron et Walter Flower.

Quant à l’attaque, Nicolas Guay et Andrew Coxhead vont certes aider.

Sauf qu’entre toi pis moi pis la boîte à bois, la formation du Bas-Saint-Laurent manque de punch offensif au sein de sa troisième unité offensive.

Cela dit, une équipe qui peut compter sur Alexis Lafrenière se doit d’être prise au sérieux. Et puis, l’Océanic possède tout de même quelques autres éléments de premier plan en Cédric Paré, Dmitry Zavgorodniy, Zachary Bolduc et Isaac Belliveau.

Bref, ça s’annonce palpitant ce printemps avec ces cinq formations.

Les gagnants parmi les vendeurs

Qu’en est-il des clubs qui ont liquidé certains de leurs meilleurs actifs? Ceux qu’on qualifie de vendeurs.

À ce sujet, force m’est de constater que les Mooseheads de Halifax ont été les plus veinards.

En liquidant les Walter Flower, Patrick Kyte, Maxim Trépanier, Benoit-Olivier Groulx, Raphaël Lavoie et Jared McIsaac, le DG Cam Russell a pu mettre la main sur quatre choix de premier tour, six de deuxième ronde et cinq autres parmi les rondes trois à cinq.

Un véritable trésor si vous voulez mon avis. Le directeur du recrutement Robert Tipper LeBlanc devrait avoir beaucoup de plaisir en juin avec son équipe de recruteurs.

Bien sûr, certains de ces choix seront vraisemblablement retournés à leur ancienne équipe pour des joueurs établis en juin, mais pour l’instant les Mooseheads disposent seulement pour l’encan de 2020 de 13 sélections dans les cinq premières rondes. Dont huit dans les trois premiers tours.

N’en doutez pas un instant, avec de tels actifs, les Mooseheads ne devraient pas prendre tellement de temps à redevenir une puissance.

À Rouyn-Noranda, Mario Pouliot n’a peut-être pas été aussi flamboyant que Cam Russell, mais il a tout de même réussi à soutirer sept choix parmi les quatre premières rondes des trois prochains repêchages, dont le premier choix des Sea Dogs en juin prochain. Ajoutez à cela l’un des espoirs les plus convoités en Alexis Brisson. Pour obtenir tout ça, le DG des Huskies n’a eu qu’à céder Tyler Hinam et Justin Bergeron. Plutôt impressionnant non?

À Drummondville, Philippe Boucher a touché le gros lot en troquant Dawson Mercer aux Saguenéens. Imaginez, il a soutiré trois choix de premier tour, deux de deuxième ronde et un autre de quatrième tour. Je m’attends toutefois à ce que certains choix retournent à Chicoutimi pour des joueurs établis.

Sylvain Couturier du Titan d’Acadie-Bathurst, Pierre Rioux du Drakkar de Baie-Comeau, Pierre Cloutier de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Patrick Roy des Remparts de Québec et Marc Saumier des Olympiques de Gatineau sont d’autres directeurs généraux qui ont retenu l’attention pendant la dernière séance de transactions.

Durocher adore déjà Doucet

David Doucet n’aura pas mis de temps à gagner des points aux yeux de Mario Durocher à Bathurst.

L’entraîneur-chef du Titan a pas mal aimé tout ce qu’il a vu jusqu’ici du jeune espoir de Baie-Sainte-Anne, acquis des Eagles le 27 décembre dans l’échange qui a envoyé Shawn Élément à Sydney.

«Il est une belle surprise pour moi. J’aime sa fougue et le fait qu’il soit un travailleur infatigable. C’est un joueur qui n’hésite jamais à s’impliquer partout sur la glace», l’a vanté Durocher.

Voilà des mots qui feront sûrement plaisir au jeune attaquant de 16 ans.

Le Nouveau-Brunswick à l’honneur

Pour la troisième fois de son histoire, le Titan a procédé en début de semaine à une transaction impliquant deux Néo-Brunswickois faisant la route inverse.

Lundi, donc, Sylvain Couturier a cédé Alexandre David (Pigeon Hill) aux Mooseheads afin d’acquérir Cole Stewart (Moncton).

Le 4 août 2016, Couturier avait également envoyé Yan Plourde (Pigeon Hill) à Chicoutimi pour mettre la main sur Alexandre Jacob (Dieppe).

Enfin, le 2 janvier 2013, le DG du Titan avait été chercher Aidan Kelly (Saint-Jean) chez les Sea Dogs, alors que l’arrière Jeremy Doucet (Dieppe) avait pris le chemin de la Ville portuaire.

Depuis 2010, une seule autre transaction impliquant deux Néo-Brunswickois a été réalisée dans la ligue, soit le 10 décembre 2015. Les Sea Dogs (Fredericton) avaient alors acquis le vétéran Matt Murphy (Fredericton) en retour de Pierre-Luc Lurette (Val-d’Amour) et plusieurs choix au repêchage.

Huit Néo-Brunswickois échangés

Parlant du Nouveau-Brunswick, pas moins de huit joueurs de la province ont changé de camp pendant la dernière période des transactions.

Ethan Crossman (Sackville) et Drew Elliott (Musquash) sont désormais avec les Islanders, Cole Cormier (Dieppe) est à Québec, Daniel Moody (Miramichi) poursuit sa carrière à Baie-Comeau, David Doucet (Baie-Sainte-Anne) et Cole Stewart (Moncton) ont pris la direction de Bathurst, Alexandre David (Pigeon Hill) est à Halifax et Tyriq Outen (Miramichi) se retrouve à Chicoutimi.

Les vedettes déménagent

En comptant Rémy Anglehart du Titan qui occupe actuellement le 42e rang des meilleurs pointeurs de la LHJMQ, pas moins de 12 des 50 meilleurs pointeurs du circuit ont changé d’équipe récemment. C’est aussi bien dire le quart du top-50.

Les 11 autres sont Benoit-Olivier Groulx (16e, Moncton), Nicolas Guay (17e, Rimouski), Maxim Trépanier (19e, Shawinigan), Raphaël Lavoie (20e, Chicoutimi), Dawson Mercer (22e, Chicoutimi), Félix Bibeau (23e, Chicoutimi), Shawn Élément (30e, Cap-Breton), Tyler Hinam (31e, Cap-Breton), Charles-Antoine Roy (32e, Sherbrooke), Gabriel Fortier (39e, Moncton) et Brooklyn Kalmikov (50e, Victoriaville).

Jacob retrouve Stewart

Le hasard fait parfois bien les choses pour deux grands amis.

C’est le cas de Jérémie Jacob et Cole Stewart qui, en début de semaine, sont devenus encore une fois des coéquipiers.

Leur histoire a débuté en 2014 quand ils ont été choisis pour représenter le Nouveau-Brunswick à la coupe Défi Atlantique dans le groupe U-14. Expérience qu’ils ont répété l’année suivante au même tournoi, cette fois-ci dans le groupe U-15.

Entre ces deux tournois, ils sont devenus des coéquipiers avec les Flyers de Moncton pendant deux saisons.

C’est sans oublier qu’ils ont aussi joué ensemble dans les ligues du printemps.

Choisis tous les deux pour le Défi Gatorade U-16 de la LHJMQ au printemps de 2017, on a cru que leur route s’était séparée en juin de la même année quand Stewart a été repêché par Halifax et Jacob par Saint-Jean.

Mais non.

Le hasard, encore lui, les a fait se retrouver dans la MHL à l’automne 2017 avec les Timberwolves de Miramichi.

Et voilà que deux ans plus tard, ils se retrouvent cette fois-ci à Bathurst.

«Cole et moi, ça remonte à loin. Il a été mon compagnon de trio avec les Flyers et nous étions même co-chambreurs quand nous avons joué pour les Timberwolves», m’a raconté Jérémie mardi soir.

Il espère que cette énième réunion avec son bon copain pourra le relancer grâce à la chimie qui unit les deux joueurs sur la glace. Mario Durocher a d’ailleurs décidé de réunir les deux Néo-Brunswickois avec le Prince-Édouardien Bennett MacArthur au sein d’un même trio.

«C’est vraiment cool de jouer dans une équipe où je connais déjà plusieurs gars. Ça n’a pas été facile dans les derniers mois avec les Sea Dogs. J’ai eu un bon camp d’entraînement, mais les choses ont commencé à mal aller dès le début de la saison. J’ai fini par perdre ma confiance et j’étais de plus en plus nerveux sur la glace. La rondelle ne roulait vraiment pas pour moi», estime Jacob.

Il y a quelques semaines, les Sea Dogs lui ont d’ailleurs fait savoir qu’ils n’avaient plus vraiment de plans d’avenir pour lui.

«Je souhaitais donc une deuxième chance ailleurs et quand j’ai été soumis au ballotage, j’ai vraiment souhaité que le Titan me prenne parce qu’avec la blessure de (Nicolas) Kingsbury-Fournier et le départ de (Anderson) de MacDonald, je savais qu’il y avait peu d’attaquants. C’est donc un bon endroit pour moi», m’a-t-il confié.

«Avec le Titan, j’ai la chance de recommencer à zéro. Ma feuille est blanche. Je peux faire beaucoup de choses pour aider une équipe. J’ai beaucoup de vitesse, je déteste perdre et j’aime gagner mes batailles dans les coins de patinoire. Je suis aussi un joueur qui fait attention aux petits détails. Mario Durocher m’a dit qu’il voulait que je sois moi-même et c’est ce que je vais faire», m’a-t-il révélé.

Jérémie Jacob tenait tellement à recommencer à zéro qu’il ne voulait surtout pas retrouver le numéro 37 qu’il portait avec les Sea Dogs. Le Dieppois aura désormais le numéro 11 à l’arrière de son chandail.

On lui souhaite bonne chance.