Entre complaisance et stabilité

Lorsque j’étais à l’école, nous avions l’habitude de nous sentir un peu comme des cobayes parce que le système d’éducation néo-brunswickois était constamment en train d’essayer de nouvelles choses sur nous. Une nouvelle façon d’apprendre à lire. Une nouvelle façon d’enseigner les divisions. Un nouveau bulletin. Ça en était étourdissant.

Ce n’est pas pour rien que les enseignants, mais aussi les parents, demandent d’abord et avant tout, année après année, gouvernement après gouvernement, de la stabilité dans le système d’éducation. Et chaque fois, le parti qui se trouve dans l’opposition à Fredericton s’empresse de promettre cette fameuse stabilité. «C’en est assez des réformes éternelles en éducation! Fini la politique dans la salle de classe! Nous allons laisser les enseignants enseigner!»

Le Parti progressiste- conservateur de Blaine Higgs promettait lui aussi de la stabilité en éducation lorsqu’il était dans l’opposition. Force est toutefois de constater que le livre vert du ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, ne dégage pas énormément la stabilité. Éliminer les niveaux scolaires au primaire ou changer l’immersion française du tout au tout, ce n’est pas exactement business as usual.

D’un autre côté, il y a certainement de place à l’amélioration dans notre système d’éducation. Notre classement dans les palmarès nationaux et internationaux est loin d’être parfait. Les élèves anglophones en immersion française ne sont absolument pas tous bilingues à leur sortie de la polyvalente.

Le défi titanesque auquel Dominic Cardy fait face semble donc de trouver le juste équilibre entre la stabilité et la complaisance. Changer ce qui doit être changé sans tout bouleverser. Il pourrait donc être sage de limiter les changements pour convaincre plus facilement la population que ceux qui seront faits sont absolument nécessaires. Des changements qui reçoivent à la fois l’assentiment du gouvernement et de l’opposition officielle auraient aussi de meilleures chances de durer. Cela nécessiterait toutefois le genre d’efforts bipartisans que l’on n’a pas souvent l’habitude de voir au Nouveau-Brunswick.