Histoire de poissons

La valeur des débarquements en poissons a plus que doublé au Nouveau-Brunswick depuis les dix dernières années. L’augmentation est en grande partie due à une croissance phénoménale des captures de homard combiné a une demande accrue pour le précieux crustacé faisant maintenant des 1200 pêcheurs de homard de la côte est du Nouveau-Brunswick des personnes dont la situation financière s’est considérablement améliorée.

Fini les jours où les dirigeants de l’Union des Pêcheurs des Maritimes parlaient de la pauvreté de leurs membres et de l’avenir incertain de leur flottille. À titre d’exemple des opérations de pêche qui pouvaient se vendre pour moins de 200 000$ dix ans passés sont maintenant sur le marché pour des montants frôlant le million de dollars.

La situation est la même pour les pêcheurs de crabe des neiges qui ont vu au cours des dernières années la valeur des débarquements triplée en raison d’une biomasse favorable et d’une forte demande pour leur produit. À eux seuls le crabe des neiges et le homard représentent des valeurs de débarquement frôlant le demi-milliard de dollars au Nouveau-Brunswick seulement.

Toutefois, il ne semble pas que cette manne financière ait tout l’impact qu’elle devrait avoir sur nos régions. Les travailleurs saisonniers sont encore en état de crise permanente, et la situation financière des crabiers ne les empêche pas de menacer le gouvernement d’aller livrer leur crabe ailleurs s’ils ne déglacent pas les ports de pêche de la Péninsule. Alors que dans le reste du pays, le déglaçage à des fins commerciales est en grande partie payé par l’industrie, ici on veut encore que nos taxes paient la facture.

Malgré l’apparence évidente de l’importance de ces statistiques devant une province qui a tellement besoin de bonnes nouvelles, on ne perçoit d’aucune façon, que notre gouvernement provincial ne donne à ce segment de l’industrie la place qui lui revient. Tous partis politiques confondus, la pêche commerciale semble être disparue des radars à Fredericton.

En Atlantique, notre province est de loin celle qui investit le moins dans cette industrie. Conséquence de ceci, nos pêcheries qui étaient pour l’essentiel la propriété d’intérêts acadiens sont maintenant en grande partie dans les mains d’étrangers. Sauf quelques exceptions dans le sud-est ou des intérêts locaux tentent de tirer leur épingle du jeu, nous perdons graduellement le contrôle de nos usines dans la Péninsule acadienne.

Qui plus est, des pêcheurs d’autres provinces sous un système de prête-nom se cachent à peine pour acquérir nos permis de crabe des neiges et de homards. Où est donc notre gouvernement provincial pour combattre ce transfert de richesse vers d’autres provinces? Où est également notre gouvernement pour définir avec l’industrie des mécanismes permettant aux pêcheurs de pouvoir transférer leur permis à des membres de la famille sans perdre leur culotte?

Alors que la pêche permet à nos régions côtières de contribuer plus que jamais à l’économie de la province, on pourrait s’attendre à plus de notre gouvernement. C’est une question d’équité!