La Santé est toujours malade au Nouveau-Brunswick

À la fin des années 1990, j’écrivais dans les pages de ce journal que la Santé était malade au Nouveau-Brunswick. Au début des années 2010, je faisais le même constat. Des compressions avaient alors été portées au «gras» dans le système de santé pour en réduire les dépenses et améliorer les soins, mais force est de constater que ces efforts n’ont pas vraiment porté fruit. Un texte de Sébastien Lachance, récemment publié, nous indiquait que le temps d’attente pour recevoir des services médicaux dans la province est le double de la moyenne nationale. Et le budget de la Santé continue d’augmenter de 3% à 5% par année.

Le premier ministre Blaine Higgs confiait récemment à l’équipe éditoriale du journal que notre système de santé est en crise et qu’il était prêt à faire des changements importants, au risque de perdre les prochaines élections.

Cette candeur du premier ministre n’est pas nouvelle: il révèle toujours le fond de sa pensée.

Pas surprenant non plus qu’il dise vouloir améliorer notre système de santé et réduire les temps d’attente – ce sont des promesses qu’il a faites durant la dernière campagne.

J’ai par contre été agréablement surpris par l’approche pragmatique et la candeur de l’ami Bernard Thériault dans une récente chronique. Avec raison, il indiquait que le temps est peut-être venu de chercher à consolider nos acquis et d’arrêter de vouloir dédoubler tous les services.

Six hôpitaux dans le Nord de la province, est-ce vraiment nécessaire?

Deux hôpitaux à Moncton et deux à Saint-Jean fait-il plus de sens?

Peut-être en raison de la population de ces deux centres urbains, mais pourquoi y a-t-il dédoublement de services entre hôpitaux voisins?

Plusieurs auront été surpris d’apprendre qu’une trentaine de médecins de la province avaient gagné plus d’un million $ en 2019.

Vous vous serez peut-être demandé s’il est vraiment nécessaire de rémunérer autant les spécialistes et les médecins de famille.

D’abord, il faut comprendre que les sommes versées aux médecins pour leurs services médicaux incluent les salaires payés à leur infirmière et à leur réceptionniste, ainsi que leurs dépenses de bureau, d’équipement médical, etc.

Et il nous faut bien rémunérer les spécialistes pour pouvoir les garder au NB.

J’ai eu l’occasion de côtoyer plusieurs jeunes médecins en stage au cours de la dernière année. Un d’entre eux m’a beaucoup impressionné de par sa compassion et sa recherche de traitement. Je lui ai demandé s’il comptait ouvrir une pratique médicale dans notre région. Il m’a dit ne pas avoir pris de décision parce qu’il était toujours incertain si c’est le genre de travail qui l’intéresse.

Sa franchise désarmante me laisse penser que les jeunes médecins apprécieraient peut-être plus un meilleur équilibre travail-vie familiale et d’être rémunérés à salaire, comme les autres travailleurs de la santé, plutôt que d’avoir à ouvrir une pratique, embaucher du personnel et facturer la province aux quinze minutes.

Aussi, le rôle des infirmières auxiliaires est sous-estimé, tout comme celui des infirmières praticiennes.

Pourquoi ne pas leur confier plus de responsabilités et mieux les payer? Pourquoi aussi ne pas confier plus de responsabilités aux pharmaciens et pharmaciennes comme l’a promis le PC durant la campagne?

Finalement, si nous voulons vraiment de meilleurs soins de santé et des temps d’attente plus raisonnables, nous devons accepter de voyager parfois un peu plus loin pour recevoir certains services. Nous n’avons pas tous les spécialistes ni tous les services disponibles dans tous les coins de la province.

C’est facile à comprendre… Nous ne sommes pas une province riche et nous ne pouvons pas nous permettre des dédoublements de service.

Pour faire face à son problème de recrutement, le réseau Vitalité considère présentement centraliser ses services de laboratoires.

À mon avis, il devrait pouvoir le faire tout comme centraliser certains soins spécialisés là où il est plus facile de recruter des spécialistes. Les nouvelles technologies devraient aussi permettre à Vitalité d’offrir ces services à moindre coût et, espérons-le, de réduire les temps d’attente.

Bonne semaine à tous.