Pleine lune: l’ennemi du sommeil

Les heures passent et vous n’arrivez pas à dormir. Vous vous levez boire un verre d’eau, vous comptez les moutons, vous faites les cent pas… rien n’y fait. Le sommeil ne vient pas.

Alors, dans le nuit profonde, vous vous dirigez vers la fenêtre et tirez le rideau. Elle est là: scintillante et toute ronde. Vous vous dites: «c’est sûr, c’est cette satanée pleine lune qui m’empêche de dormir!» Et bien vous avez raison. Des chercheurs viennent en effet de confirmer la véracité de cette légende.

Pour comprendre, il faut se pencher sur les travaux menés par des chronobiologistes de l’Hôpital psychiatrique de l’Université de Bâle (Suisse). Entre 2000 et 2003, ils ont étudié l’influence de l’âge sur la qualité du sommeil de 33 volontaires. Mais un soir de pleine lune, autour d’un verre, ils décidèrent de modifier un peu l’objet de leurs travaux publiés désormais dans la revue américaine Current Biology.

Les participants ont été divisés en trois groupes distincts: le premier d’entre eux avait pour objectif d’analyser le sommeil durant les nuits normales. Le deuxième groupe visait à comprendre le sommeil pendant les périodes intermédiaires du cycle. Et le troisième, le sommeil durant les pleines lunes.

Toutes ces personnes ont passé 64 nuits dans une pièce isolée du monde extérieur, sans bruit et sans lumière.

Résultat, les encéphalogrammes (EEG) des dormeurs ont révélé plusieurs perturbations du sommeil lors des soirées de pleine lune.

D’une part, que l’endormissement prend cinq minutes de plus que d’habitude et d’autre part, que la phase de sommeil profond était 30% plus courte.

De plus, la qualité du sommeil pendant ces épisodes s’en trouvait amoindrie de 15%. Conséquence de ces nuits agitées, les cobayes ont perdu en moyenne 20 minutes de sommeil lorsque la lune était pleine.

Par ailleurs, ces scientifiques ont constaté que les niveaux de sécrétion de la mélatonine endogène, surnommée aussi «l’hormone du sommeil», diminuaient considérablement sous l’influence de la pleine lune. Pour l’équipe, ce dernier élément constitue une première preuve qu’une phase lunaire peut moduler la structure du sommeil chez l’homme.

La prochaine étape de ces travaux sera de comprendre pourquoi la pleine lune a un effet sur le sommeil. Les chercheurs avancent comme première hypothèse que les êtres humains pourraient tous être dotés d’une horloge biologique «circalunaire» calée sur le cycle de la Lune. Cela a déjà été observé chez d’autres espèces, marines notamment.

Si vous êtes concernés par les troubles de sommeil, on vous donne quelques conseils pour mieux dormir les soirs de pleine lune… et toutes les autres nuits de la semaine.

Pour commencer, Santé Canada recommande d’éviter l’alcool, la caféine et la nicotine avant d’aller au lit. Aussi, couchez-vous et levez-vous à des heures régulières.

Concernant l’ambiance dans la maison, on vous conseille de réduire le bruit dans l’environnement de sommeil. Et de ne pas hésiter à utiliser des techniques de détente et de baisse du stress fondées sur la pleine conscience. Bref, soyez zen!

Enfin, limitez les siestes à 30 minutes pendant la journée et faites de l’exercice régulièrement.

Si malgré ces conseils, Morphée ne vient toujours pas à votre rencontre, passez en revue les traitements de vos pathologies avec un professionnel de santé. Ils peuvent avoir une influence sur votre sommeil.

Pour savoir si le compte y est, retenez que 7 à 9h de sommeil par nuit sont nécessaires entre 18 et 64 ans. À partir de 65 ans, les besoins se situent plutôt entre 7-8h toutes les nuits.

Maintenant que vous savez tout, on espère que vous êtes mieux armés pour affronter les pleines lunes. Et rassurez-vous, on écarte toute possibilité d’intrusion d’un vampire… ou  loup-garou chez vous ces soirs-là. Les scientifiques confirment bien que leur existence n’est pas avérée. Sur ces bonnes nouvelles, j’espère que la prochaine nuit sera bonne! Zzzzzzz…