Salut Ti-Guy

Des centaines de personnes se sont réunies jeudi dans l’Église paroissiale de Saint-Léolin, bondée, pour rendre un dernier hommage au maire du village Guy Cormier. Originaire d’Anse-Bleue, ce pêcheur de métier a habité presque toute sa vie à Saint-Léolin d’où est originaire son épouse Edwidge.

Issu d’une famille qui a largement contribué au développement de l’industrie des pêches dans la Péninsule acadienne, il opérait depuis plusieurs années un crabier pour la Première nation d’Esgenoopetitj. Sa famille, en particulier son père Raymond et son frère Roméo ont été des pionniers dans la transformation du hareng au Nouveau-Brunswick, créant ainsi des centaines d’emplois pour les communautés d’Anse-Bleue, Maisonnette Grande-Anse et Saint-Léolin.

Si je parle de Guy dans cette chronique aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il a déplacé des montagnes ou encore qu’il a changé l’eau en vin. Sa plus grande qualité aura été son attachement à sa région et sa passion pour son village d’adoption.

Guy Cormier – Gracieuseté

D’une personnalité très forte, on lui reconnaissait une tendance à l’exagération, une opinion sur tout, un attachement exceptionnel à sa famille, et le cœur grand comme la Terre quand venait le temps d’aider les autres.

Sur le plan politique il a milité autant chez les conservateurs que les libéraux, ce qui explique qu’à ses funérailles, tout le gratin de la politique provincial et municipal y était. Si ma mère mesurait la grandeur des funérailles par le nombre de prêtres qui y officiaient, moi c’est toujours le nombre de politiciens qui y assistent qui m’impressionne! Aux funérailles de Guy, on a pu voir d’anciens ministres de tous les gouvernements provinciaux depuis les années Hatfield jusqu’à aujourd’hui.

Qui d’autres que Ti-Guy aura réussi à attirer à ses obsèques les quatre députés de la Péninsule acadienne, les forçant à s’assoir presque côte à côté! Robert Gauvin, Keith Chiasson, Isabelle Thériault et Denis Landry, sans oublier bien sûr le député fédéral Serge Cormier, sont tous venus pour saluer une dernière fois le premier magistrat du village.

Je n’oublie pas non plus la vingtaine de maires francophones venus de toutes les régions de la province rendre un dernier hommage à leur collègue. Que Paul D’Astous, l’un des premiers conseillers du premier ministre Higgs, se déplace de Fredericton pour ses funérailles, cela témoigne de l’intérêt suscité par notre ami Ti-Guy.

Loin de faire l’unanimité dans tout ce qu’il a entrepris, Guy a le mérite de n’avoir laissé personne indifférent. Son entêtement presque exagéré lui aura permis de rencontrer personnellement tous les premiers ministres provinciaux, et canadiens de sa génération.

Du temps où j’étais ministre provincial des Pêches, j’étais toujours impressionné quand le ministre fédéral demandait des nouvelles de Guy! Comme pêcheur il a milité à l’UPM, réclamant sans succès un accès au crabe des neiges pour les membres non détenteurs de permis de homard.

Comme le disait si bien sa nièce dans l’hommage qu’elle lui a rendu, Guy aura atteint son but de devenir maire de Saint-Léolin et de trouver une utilisation pour l’école du village fermé depuis quelques années.

Que tous les Ti-Guy de l’Acadie continuent de se battre pour sauver nos villages, aider leurs voisins et rendre notre vie moins ennuyante! Adieu Ti-Guy!