Des pistes de solution pour guérir la Santé

J’écrivais la semaine dernière que la Santé est toujours malade au Nouveau-Brunswick. Bien que loin d’être un expert en Santé, je voudrais quand même offrir dans cette chronique des pistes de solution pour améliorer nos soins de santé dans la province.

Je remercie d’abord le docteur Jean-Pierre Arseneau, de Bathurst, de m’avoir transmis un document traitant de la réforme des soins primaires dans la province. La Clinique Médicale Népisiguit qu’il dirige est d’ailleurs un bel exemple de progrès réalisé au cours des dernières années dans l’accessibilité aux soins de santé primaires, dans le Nord de la province. Vous pouvez y consulter un médecin de famille, une infirmière praticienne et plusieurs spécialistes. À votre sortie, une infirmière vous fera une prise de sang sur place, si besoin. Et comme le Dr Arseneau le précise dans son exposé, il reste du travail à faire et sa clinique est ouverte à tout changement qui pourrait être apporté pour améliorer davantage l’accessibilité aux soins primaires.

Le Dr Gilbert Blanchard a aussi mis sur pied une polyclinique à Bas-Caraquet, la Polyclinique Isabelle-sur-mer, assortie d’une clinique satellite à Bertrand. Toutefois, l’équipe médicale comprend uniquement des médecins de famille et un infirmier praticien. Les tests se font en milieu hospitalier.

Le Centre de santé de Pointe-Verte est aussi un autre bel exemple d’accessibilité aux soins primaires. Vous pouvez y consulter un médecin ou une infirmière praticienne, y faire prendre votre pression ou des prises de sang et obtenir conseils et des soins pour les diabétiques.

À mon avis, la province devrait financer l’ajout de polycliniques dans les régions éloignées des grands centres urbains et leur fournir des sous pour l’achat d’équipement pour tests sanguins, rayons X et autres examens qui ne nécessitent pas d’hospitalisation. Certaines procédures chirurgicales pourraient aussi y être performées sans nécessiter d’hospitalisation, réduisant ainsi les listes d’attente pour les chirurgies d’un jour.

Je suis présentement en vacances au Mexique et laissez-moi vous raconter comment les choses se passent dans ce pays. Bien qu’ils soient 30 ou 40 ans derrière nous sur plusieurs autres plans, leur système de santé est moderne et assez facile d’accès. Une amie du Québec vient de subir une chirurgie mineure dans le bureau même du spécialiste, une procédure pour laquelle elle attendait depuis trois ans dans sa province. Si vous tombez malade, un médecin vous recevra immédiatement et vous fera passer tests et examens en deux ou trois jours. Il vous faudra payer pour ces services, mais beaucoup moins cher qu’il en coûterait au Canada.

Ne pourrait-on pas faire la même chose ici? Équiper les polycliniques pour que les tests puissent être réalisés sur place; et permettre des chirurgies mineures dans les bureaux des spécialistes. Toutes les chirurgies ne nécessitent pas d’être faites dans une salle d’opération. Ma dermatologue m’a récemment enlevé des taches au bistouri dans son bureau. Les autres spécialistes ne pourraient-ils pas faire des procédures semblables dans leur bureau?

Quant aux soins secondaires et tertiaires, ceux-ci devraient être centralisés dans les plus grands centres urbains, dans chacune des grandes régions de la province. Il serait plus facile d’y recruter des spécialistes en leur assurant une masse critique pour ces services.

Nous devrions aussi mettre de côté notre sacro-sainte opposition à tout soin de santé fourni par le secteur privé. Les soins donnés par le secteur privé sont aussi bons que ceux financés par la province. C’est la façon de payer qui diffère. Nous payons présentement pour des interventions médicales à nos yeux et à nos dents, mais pas pour nos oreilles ou notre nez. Ça nous fait donc une tête à deux vitesses, non?

Finalement, le gouvernement provincial devrait réviser annuellement les services de l’Extra-Mural qu’il a confié à Médavie pour s’assurer que ceux-ci demeurent de qualité et que l’accessibilité ne soit pas compromise. Idem pour les services ambulanciers qui ont pris du mieux ces derniers temps, mais où il y a toujours de la place pour de l’amélioration.

Buena semana a todos! / Bonne semaine à tous!