En 2015, 61,9% des Canadiens de 18 ans et plus affichaient de l’embonpoint ou de l’obésité. En 2018, cette statistique a grimpé à 63,1% (36,3% étaient atteints d’embonpoint et 26,8% vivaient avec de l’obésité).

Cette hausse de 1,2% en trois ans démontre que l’embonpoint et l’obésité ne sont pas sur le point de disparaître, ni les problèmes de santé qui y sont rattachés, notamment le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer, l’hypertension, la réduction de la mobilité, etc.

À tous ces problèmes de santé s’ajoute aussi la stigmatisation. Les opinions préconçues arrivent de partout, y compris des membres de la famille, des amis, des collègues, des employeurs, des voisins, des étrangers et même des professionnels de la santé. Sourcil relevé, roulement des yeux, regards indécents, commentaires méchants, moqueries.

Quand le regard des autres devient plus lourd à porter que son propre surplus de poids, c’est signe que ça ne va pas bien.

Peu importe d’où ils proviennent, les commentaires et les comportements «gratuits» ne sont jamais sans conséquence pour la personne atteinte d’embonpoint ou d’obésité. Ils peuvent provoquer ou aggraver des symptômes déjà présents tels que: troubles du comportement alimentaire, dépression, faible estime de soi, détresse, anxiété, exclusion sociale, idées suicidaires, etc.

Un article dans La Presse relatait que plus de 30% de ceux qui ont un poids santé aimeraient mieux divorcer qu’être obèses, 27% préféreraient être incapables d’avoir des enfants, 21% de vivre une dépression majeure et 18% de mourir 10 ans plus jeunes. Constat déconcertant!

Et quand est-il des préjugés tels que:

– s’il est obèse, c’est parce qu’il fait de mauvais choix alimentaires et qu’il est paresseux;

– si elle voulait vraiment maigrir, elle aurait qu’à manger mieux et à bouger davantage;

– regarde-le, si au moins il avait plus de contrôle;

– si elle est obèse, c’est parce qu’elle décide de l’être, c’est son choix.

Ces images simplistes et erronées ne font que renforcer négativement les stéréotypes au sujet des personnes qui vivent avec cette maladie chronique.

L’obésité n’est pas un choix. Cette façon de penser ne prend absolument pas en considération tous les facteurs qui peuvent venir expliquer pourquoi une personne est en surpoids à un moment de sa vie, notamment la prévalence génétique et environnementale, l’historique malsain avec les régimes amaigrissants, un changement d’emploi, un déménagement, une rupture, une maladie, un décès, de l’abus, le manque de sommeil, l’arrêt du tabac, la prise de médicaments, les enjeux liés à la santé mentale, etc.

L’obésité est une maladie multifactorielle et très complexe, tant par ses causes et ses traitements. Prétendre qu’il suffit de manger mieux et à bouger davantage en vient à banaliser trop facilement les causes réelles du surpoids.

Mettre toutes les responsabilités sur la personne est très réducteur.

L’obésité c’est bien plus qu’une question de mathématique: calories ingérées versus calories brûlées. Est-ce que ce sont toutes les personnes en surpoids qui s’empiffrent de malbouffe et qui sont inactives? Est-ce que ce sont toutes les personnes minces qui mangent une salade verte et qui courent trois marathons par année? Bien sûr que non. L’inverse est également possible (paroles de diététiste).

Si la stigmatisation avait réellement été la solution pour enrayer l’obésité et aider les individus en surpoids à adopter de meilleures habitudes de vie, il y aurait bien longtemps que cette maladie aurait disparu!

Rappelons-nous que chaque personne est unique et que tous les corps ont leur raison d’être et cela, peu importe leur taille ou leur grosseur.

Chaque année marque un commencement