La nouvelle étoile montante acadienne

Dans l’Est du pays, les Flyers de Moncton sont régulièrement parmi les formations midget les plus épiées par les recruteurs de la LHJMQ au fil des ans.

La raison est fort simple, la troupe de l’entraîneur-chef John DeCourcey développe une quantité industrielle de bons joueurs.

La présente saison ne fait pas exception puisque les Flyers comptent sur cinq patineurs de 15 ans qui font déjà saliver les 18 formations du circuit.

On parle ici des défenseurs Coen Strang, Jett McCullum, Dylan Gill et Matteo Mann, ainsi que de l’attaquant Samuel Savoie.

Ces cinq jeunes espoirs ne sont d’ailleurs pas étrangers au fait que les Flyers trônent au sommet de la Ligue midget AAA du N.-B./Î.-P.-É. avec une fiche de 24 victoires et deux revers.

C’est cependant de Savoie que j’ai le goût de vous parler aujourd’hui. De la façon dont il progresse, le Dieppois a de bonnes chances d’être sélectionné dans le top-10 du prochain repêchage junior.

Lundi, j’ai justement interrogé des recruteurs de trois formations différentes et ils m’ont tous confirmé que le jeune Savoie risquait d’entendre son nom dans la première moitié du premier tour.

Si Savoie réussit ce tour de force, il rejoindrait ainsi un club sélect comprenant Sean Couturier, Luc Bourdon, Lukas Cormier, Patrice Cormier, Justin Haché, Pierre Durepos, Victor Cormier, Jérémie Caissie, Evan Nause, Michel Vautour, Todd Sparks, Anderson MacDonald, Garrett Clarke, Peyton Hoyt et Matt Murphy.

J’ai justement eu l’occasion de piquer une petite jasette avec Samuel, lundi, sur l’heure du souper.

Sachez d’abord que Samuel est déjà bien au courant de l’attention que lui portent les recruteurs. Bien conseillé par son agent Phil Reid de la firme Evolution Sports Management, l’adolescent tente toutefois de ne pas trop s’exciter le poil des jambes avec ça. Il a même l’air zen vis-à-vis de la situation.

«Je savais que je pouvais jouer dans cette ligue, mais je ne m’attendais pas à avoir autant de succès, dit-il. À part le Ice Jam de Halifax, où l’équipe n’a pas joué comme elle en était capable, on dirait que tout fonctionne pour moi ces temps-ci.»

Lors de ses cinq dernières rencontres du calendrier régulier, Samuel a compilé trois buts et 13 passes pour 16 points. On parle ici d’une moyenne légèrement supérieure à trois points par match. Ce n’est pas pour rien s’il occupe désormais le troisième rang des meilleurs pointeurs de la ligue avec 39 points (12-27), tout juste derrière Carter McCluskey (28-20=48) des Vitos de Saint-Jean et Joshua Nadeau (19-22=41) des Caps de Fredericton.

Vous savez quoi? Samuel estime qu’il est encore bien loin de jouer à son goût. C’est qu’il est affamé le bougre.

«Je crois que je peux faire mieux. Offensivement, je sais que je peux produire plus. Je crois que mon jeu en général peut être mieux», confie-t-il.

Bonne nouvelle pour les équipes de la LHJMQ, il se dit prêt à jouer n’importe où dans la LHJMQ. Il n’a vraiment aucune préférence.

«Moi, tout ce que je veux c’est de me retrouver dans une équipe qui va m’aimer et qui va me faire jouer», m’a révélé l’athlète de 5 pieds 9 pouces et 170 livres.

Comme je le fais souvent auprès des jeunes joueurs, question d’en connaître un peu plus sur leur caractère, je lui ai demandé de me nommer ses principaux atouts comme joueur de hockey.

«Je dirais que ma plus grande force est mon coup de patin. J’ai aussi un bon lancer. Je me vois comme un joueur qui peut aider autant son équipe en attaque qu’en défensive», m’a raconté celui qui voue une admiration sans borne pour Philippe Myers des Flyers de Philadelphie.

«Philippe a même grandi tout près de chez moi à Dieppe», soutient Samuel.

Quand je lui ai fait la remarque qu’un recruteur a comparé son jeu à celui de Jacob Pelletier, Samuel a pris deux ou trois secondes pour y réfléchir avant d’accepter le compliment.

«C’est vrai que notre façon de jouer se ressemble. Jacob Pelletier est quelqu’un qui patine bien, qui travaille fort et qui fait des belles passes», dit-il.

Et la Coupe Telus? Est-ce que les Flyers ont ce qu’il faut pour y prendre part?

«Oui nous avons ce qu’il faut. Mais avant il faudra s’assurer de gagner notre ligue puis l’Atlantique. Et pour y arriver, il faudra retrouver notre chimie du Monctonian qui nous avait permis de remporter le tournoi», m’a-t-il expliqué.

À n’en point douter, l’équipe qui va repêcher Samuel Savoie va mettre la main sur un joueur spécial.

Nouveau record

Le statisticien de la LHJMQ Denis Demers, qui est un véritable historien en son genre, m’a envoyé un courriel lundi pour m’annoncer que les Wildcats de Moncton ont établi un nouveau record pour le nombre de lancers lors d’un match à l’étranger avec 69 tirs au but.

Les hommes de Daniel Lacroix l’ont emporté 7 à 4 devant les Sea Dogs de Saint-Jean au Harbour Station. Jeremy McKenna a obtenu à lui seul 12 tirs au but.

C’est la sixième fois que les Wildcats réussissent à compléter un match avec au moins 60 lancers.

La dernière fois remonte au 11 décembre 2005 avec 68 tirs dans une victoire de 7 à 1 face aux Foreurs de Val-d’Or. L’entraîneur-chef des Aigles Bleues de l’Université de Moncton Marc-André Côté doit sûrement s’en souvenir puisqu’il évoluait pour les Foreurs cette saison-là.

Le record de la LHJMQ pour une partie à domicile appartient toutefois aux Royals de Cornwall qui, le 19 février 1976, ont bombardé les Dynamos de Shawinigan de 89 lancers dans un gain de 12 à 1.

Depuis le tournant du siècle, trois formations sont parvenus à obtenir 71 lancers dans un match, soit les Tigres de Victoriaville (11 mars 2000), les Voltigeurs de Drummondville (19 mars 2000) et les Remparts de Québec (29 décembre 2005).

À trois reprises le Titan a réussi à diriger au moins 60 lancers vers l’ennemi dans un match. La dernière fois a eu lieu le 4 mars 2018 lorsque le Titan l’avait emporté 6 à 4 grâce à un bombardement de 66 tirs au Harbour Station. Noah Dobson s’était payé la traite avec 11 lancers et une récolte d’un but et trois passes.

Étonnamment, les Sea Dogs n’y sont arrivés qu’une seule fois et plusieurs partisans de l’équipe s’en souviennent sûrement.

Le 11 janvier 2011, les Sea Dogs avaient dirigé pas moins de 67 tirs sur le gardien Evan Mosher du Rocket de l’Île-du-Prince-Édouard. Le Rocket, qui n’avait tiré que 17 fois sur Mathieu Corbeil, s’était incliné 3 à 2 en fusillade.

La belle aubaine des Olympiques

En zieutant ici et là les statistiques des joueurs qui ont changé d’adresse au cours de la dernière période des transactions, j’ai relevé ce qui à mes yeux se veut pour l’instant la plus belle aubaine parmi tous les joueurs échangés.

Il s’agit, tenez-vous bien, de l’attaquant Evan MacKinnon que le Titan a cédé aux Olympiques de Gatineau en moyennant un choix de sixième ronde.

En quatre parties, MacKinnon montre un dossier de deux buts et quatre passes pour six points, tout en maintenant un différentiel positif de +6. On parle ici du même gars qui à Bathurst montrait une fiche de quatre buts et neuf mentions d’aide pour 13 points en 35 rencontres, en plus d’un monstrueux différentiel négatif de -29.

Je tiens à préciser que MacKinnon évolue pour la deuxième pire formation de la LHJMQ puisque seul le Titan se trouve derrière lui au classement en ce moment.

Non seulement MacKinnon est en train de sauver sa saison, mais il gagne assurément des points en vue d’un poste comme joueur de 20 ans la saison prochaine.

Mais si vous me demandez de vous nommer la plus belle surprise de cette période des transactions, je n’ai pas le choix de choisir le défenseur Yan-Félix Lapointe de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Lapointe, qui a fait partie de l’échange qui a envoyé Samuel Bolduc au Phoenix de Sherbrooke, était considéré jusqu’ici comme un défenseur à caractère défensif. Depuis son arrivée à Blainville-Boisbriand, il totalise tenez-vous bien trois buts et neuf passes pour 12 points en 11 duels, en plus d’un différentiel de +9.

Lapointe fait partie d’un groupe de quatre joueurs qui ont réussi le plus de points parmi tous les joueurs échangés. Les trois autres sont l’ex-Titan Shawn Élément (8-4=14) des Eagles du Cap-Breton, Benoit-Olivier Groulx (6-6=12) des Wildcats de Moncton et Félix Bibeau (3-9=12) des Saguenéens de Chicoutimi.

Les Aigles Bleus de l’Université de Moncton semblent avoir faire un excellent coup en convaincant Lapointe de joindre les rangs de leur équipe à compter de l’automne prochain.

Je ne peux également pas passer sous silence les excellents rendements des Néo-Brunswickois Cole Cormier (3-5=8) des Remparts de Québec et Drew Elliott (2-4=6) des Islanders de Charlottetown, ainsi que du Terre-Neuvien et ex-Wildcats Mark Rumsey (2-4=6) du Titan.