Un couronnement pour Peter MacKay?

Avec le désistement de grosses pointures comme Rona Ambrose, Jean Charest et Bernard Lord, la course à la direction du Parti conservateur du Canada pourrait s’avérer un couronnement pour Peter MacKay. Ceux qui seraient tentés de profiter de cette course pour mousser leur profil politique devront, pour être sur la ligne de départ, verser un montant de 200 000$ et réunir 3000 signatures de membres du parti répartis dans au moins sept provinces et territoires.

Il faut se rappeler que c’est Peter MacKay qui avait contribué à sceller la fusion entre le Parti progressiste-conservateur, dont il était le chef, et l’Alliance canadienne dirigée par Stephen Harper. Pourtant, MacKay avait promis lorsqu’il était devenu le leader de son parti de ne jamais le saborder au profit de l’Alliance canadienne!

Le nouveau Parti conservateur avec en moins le mot progressiste sous la houlette de Stephen Harper va réussir à déloger les libéraux du pouvoir pour gouverner de 2006 à 2015. Peter MacKay va occuper plusieurs fonctions ministérielles importantes dont le portefeuille de la Défense. Un des moments les plus mémorables de son passage au ministère de la Défense est lorsqu’un hélicoptère des forces armées l’avait héliporté d’un camp de pêche privé de Terre-Neuve.

S’il devient le prochain chef du Parti conservateur, Peter MacKay pourra-t-il réussir à faire mordre la poussière aux prochaines élections à Justin Trudeau? La dernière fois qu’un politicien de la Nouvelle-Écosse a dirigé les conservateurs à une élection fédérale, c’était Robert Stanfield, un ancien premier ministre provincial. Il n’avait pas pu résister à la Trudeaumanie et empêcher Pierre Elliott Trudeau de prendre le pouvoir en 1968.

Issu d’une famille politique de la Nouvelle-Écosse, Peter MacKay est le fils d’Elmer MacKay, qui a été un ministre très influent dans le gouvernement de Brian Mulroney. Lorsque Mulroney est devenu le chef du parti progressiste-conservateur en 1983, MacKay avait démissionné de son siège pour permettre une élection partielle au profit de celui-ci. Il devait reprendre son siège lors des élections fédérales de 1984 lors desquelles les progressistes-conservateurs, sous le leadership de Brian Mulroney, devaient remporter une éclatante victoire aux dépens des libéraux. Les racines des MacKay sont très profondes dans le Parti conservateur.

Peter MacKay sera-t-il en mesure de ramener le Parti conservateur davantage vers le centre droit pour séduire les électeurs de l’Ontario et du Québec tout en conservant sa base dans l’Ouest canadien? On sait depuis la victoire des conservateurs de Stephen Harper en 2011 qu’il est possible de former un gouvernement majoritaire sans le Québec. C’est une autre paire de manches concernant l’Ontario qui a 121 des 338 députés de la Chambre des Communes.

S’il réussit son pari de devenir le chef du Parti conservateur et éventuellement le premier ministre du Canada, Peter MacKay va rejoindre dans l’histoire politique du pays deux compatriotes néo-écossais John Thompson et Robert Borden.

L’ancien joueur de rugby qu’est Peter MacKay pourrait-il conserver le ballon jusqu’à la ligne d’arrivée pour marquer le touché victorieux?