L’élan municipal

Dans la région atlantique, on parle beaucoup ces temps-ci des élections municipales et je me réjouis de voir les candidats qui se mettent sur les rangs. Pourquoi? Parce que cet élan vers le service communautaire me réconcilie avec la race humaine.

On voit tellement d’inepties, de politiciens mafieux, faux, lâches, profiteurs ces jours-ci au sud de notre pays! Par ailleurs, partout sur la planète, on sent nos sociétés tellement désabusées, les gens en général insensibles à tout, sauf à ce qui les concerne de tout près, qu’on finit par se dire que l’Humanité ne court pas seulement à sa perte, qu’elle y est rendue!

Alors, quand Lise Ouellette annonce qu’elle se porte candidate à la mairie d’Edmundston et que Bernard Thériault brigue la mairie de Caraquet, que voulez-vous, ça me réconcilie avec la race humaine. Ni l’un ni l’autre n’ont besoin de ça pour vivre. Ils ont déjà prouvé au fil de leur carrière respective tout ce qu’ils souhaitaient prouver et, pourtant, les voici, comme tant d’autres candidats cette année, prêts à se mettre au service de leur ville ou village. Karine Claireaux, maire de Saint-Pierre (à Saint-Pierre et Miquelon), va, elle aussi, remonter au créneau pour un autre mandat après des années à la tête de sa commune. Et que dire de Kassim Doubia qui se met sur les rangs pour devenir maire de Shippagan? Qu’un nouvel Acadien comme lui soit prêt à entrer en politique municipale m’inspire le plus grand respect.

Ce genre d’engagement, peu importe les partis et les opinions, ça force l’admiration. Parce qu’entendons-nous, il n’y a pas beaucoup plus ingrat que la politique municipale! C’est la politique «de proximité», comme on dit en France. Cela sous-entend que si une canalisation cède et inonde la cave d’une maison à 2 heures du matin, le maire risque d’avoir une nuit écourtée; que si des chiens en liberté ennuient le voisinage ou si les rues sont mal déneigées, c’est encore lui ou elle qui entendront les plaintes. Karine Claireaux qui a mené le programme de recyclage des déchets à Saint-Pierre et Miquelon pourrait en dire long sur le sujet.

Et pourtant, tous et toutes ils sont là, prêts à affronter le défi. Bravo. Respect.