Une coûteuse impatience

Après une semaine extrêmement mouvementée en politique provinciale, la question n’est plus si, mais bien quand auront lieu les élections. La réponse, quant à elle, oscille entre  «bientôt» et «très bientôt».

Sans le soutien de Robert Gauvin et des trois députés de l’Alliance des gens, Blaine Higgs n’a plus aucune chance de se maintenir au pouvoir.

La meilleure option qui s’offre à lui est donc d’attendre à la reprise des travaux législatifs le 10 mars pour présenter sa plateforme électorale sous la forme d’un budget provincial équilibré avec peut-être une réduction d’impôts à la clé. D’ici là, le premier ministre et les membres restants de son gouvernement pourront essayer tant bien que mal de vendre les avantages de leur réforme. Avec un peu de chance, la poussière sera suffisamment retombée le jour du budget pour que l’actualité ne porte plus uniquement sur la fermeture partielle des urgences des hôpitaux ruraux.

Le gouvernement Higgs sera alors sans doute défait malgré tout, mais les progressistes-conservateurs seront au moins un peu plus en contrôle du message. Ils pourront aussi accuser les autres partis d’avoir précipité la province en élection même si cet argument a perdu énormément de poids cette semaine.

Même dans ces circonstances, la côte électorale sera très difficile à remonter pour le Parti progressiste-conservateur. C’est à se demander pourquoi diable M. Higgs n’a pas attendu d’avoir une confortable majorité à l’Assemblée législative avant de se lancer dans cette réforme de la santé. Avec sa position très confortable jusqu’ici dans les sondages, il aurait très bien pu remporter des élections générales ce printemps ou cet automne pour avoir les coudées franches par la suite pour mettre en oeuvre son périlleux ordre du jour.

C’est parce qu’il est sincèrement convaincu du bien-fondé des changements qu’il propose que Blaine Higgs ne pouvait pas attendre plus longtemps avant de les voir devenir réalité. Qu’il ait raison ou non, son impatience vient probablement de lui coûter le pouvoir.