Il faut trouver des solutions pour guérir notre système de santé

Deux jours avant que la réforme préconisée par les deux régies de la santé soit annoncée, mardi dernier, la possibilité que six services d’urgence ferment la nuit, en milieu rural, défrayait les manchettes. Pourtant, cette réforme comportait aussi de bonnes nouvelles, comme l’addition de services dans ces six hôpitaux.

Aussitôt la réforme annoncée, le chef libéral Kevin Vickers promettait de faire tomber le gouvernement pour empêcher ladite réforme. Par contre, il n’y aura pas de vote en chambre sur cette réforme et l’opposition devra voter en bloc contre le prochain budget provincial s’il veut défaire le gouvernement.

Vendredi, le vice-premier ministre et ministre du Tourisme, Robert Gauvin, démissionnait du conseil des ministres et du caucus progressiste-conservateur pour protester contre la réforme adoptée par son gouvernement.

Il siègera désormais comme député indépendant, ce qui signifie que le gouvernement Higgs aura désormais le même nombre de députés en Chambre que l’opposition libérale.

Si je me permets de dénoncer la politique qui se joue dans ce dossier, c’est pour me faire le porte-parole des milliers de Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises qui trouvent que notre système de santé est malade et qui veulent de réelles réformes pour améliorer nos soins de santé.

Pour avoir bénéficié du système de santé plus souvent qu’à mon tour l’an dernier, laissez-moi vous donner le point de vue des patients, les grands oubliés dans toute cette controverse.

Pour voir un spécialiste, passer une tomodensitométrie (CT-Scan) ou un IRM, il vous faudra attendre des mois et parfois même une année. Ça prend aussi des mois et des mois avant que vous puissiez avoir accès à des services de santé mentale et des années pour un remplacement de la hanche. Longue attente également pour une chirurgie cataracte, une colonoscopie et plusieurs autres services spécialisés.

Le plus grand problème dans notre province, c’est le manque de spécialistes de la santé et de personnel soignant.

Le taux élevé d’impôt sur le revenu payé par les spécialistes n’aide certainement pas au recrutement. Ils et elles doivent payer le deuxième taux le plus élevé au Canada, soit presque 60% de leur revenu net en impôt.

Quelque 32 000 Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises sont toujours sans médecin de famille, 27 500 se trouvant dans les grands centres urbains comme Moncton et Fredericton.

La semaine dernière, il y avait 450 postes à combler dans le seul réseau Vitalité! Nous vivons donc un réel manque de personnel soignant dans l’ensemble du réseau. La réforme annoncée la semaine dernière visait à réaffecter le personnel de nuit pour qu’il puisse traiter de 5 à 6 fois plus de patients le jour.

Je comprends bien la réaction virulente des leaders communautaires et l’anxiété causées par la réforme annoncée la semaine dernière qui a été fuitée aux médias avant même que les deux régies de la santé aient eu la chance de l’expliquer aux employés et aux communautés affectées.

C’est malheureux, qu’encore une fois, la politique vienne prendre le dessus sur le besoin réel d’une réforme de notre système de santé. Et ce n’est pas nouveau. Le grand-père du présent ministre de la Santé, Hugh John Flemming, a perdu ses élections en 1960 parce qu’il préconisait l’introduction d’une prime sur l’assurance-maladie. Et le gouvernement de Blaine Higgs pourrait bien mordre la poussière le mois prochain pour avoir osé introduire une mini-réforme des soins de santé.

La santé et la politique ne font jamais bon ménage.

Il nous faut pourtant trouver des solutions pour guérir notre système de santé, malade depuis des décennies. Le temps est peut-être venu d’étudier de fond en comble toutes les composantes du système de santé, dans son ensemble. Les mini-réformes comme celle annoncée la semaine dernière ne règlent qu’une partie des problèmes. Pourquoi ne pas mettre sur pied un comité d’experts ou une commission royale d’enquête non-partisane pour tenter de trouver des solutions aux défis auxquels feront face Vitalité et Horizon dans la prochaine décennie, en prenant soin, bien sûr, de consulter la population et les experts dans le domaine?

Bonne semaine à tous.