LHJMQ: réunion au sommet

C’est jeudi que les 18 équipes de la Ligue de hockey junior majeure du Québec se réuniront à Montréal, où elles seront appelées à se prononcer sur plusieurs sujets.

Le plus attendu, à l’occasion d’un vote qu’on peut déjà qualifier d’historique, consiste à savoir si on abolira ou non les bagarres. À moins, bien sûr, qu’on opte plutôt pour durcir le règlement.

La LHJMQ pourrait ainsi devenir la première entité de la Ligue canadienne à abolir les bagarres.

Il faudra toutefois qu’au moins 12 équipes soient en faveur de changements pour apporter des modifications à l’actuelle réglementation.

Personnellement, je suis davantage en faveur du durcissement du règlement. Je leur suggère même de faire ça simple. Qu’on chasse immédiatement les deux garnements après un combat et, s’il y a un instigateur, qu’on impose à ce dernier un match de suspension supplémentaire. Pour les récidivistes, tu augmentes le nom de parties suspendues.

Cela dit, je trouve qu’on s’excite un brin trop le poil des jambes dans ce dossier. Des combats, il n’y en a déjà pratiquement plus dans la LHJMQ. Même que ce sont désormais des cas isolés.

Le hockey a changé. Les durs à cuire comme dans le temps, je parle des Jonathan Tremblay et autres George Davis, ont disparu voilà plus d’une décennie.

C’est pourquoi, comme je l’ai dit plus tôt, je préconise que l’arbitre ordonne aux deux belligérants de s’en retourner au vestiaire et que le responsable de la bagarre, s’il y en a un, écope d’une suspension supplémentaire d’un match.

Parce qu’honnêtement, s’ils veulent vraiment réduire la violence dans le hockey, il faudrait que le préfet de discipline se montre plus sévère quand vient le temps de sévir pour les coups vicieux. Par exemple, lors d’une tentative de blessure, peu importe que le joueur visé par le coup soit blessé ou pas, le fautif devrait automatiquement écoper d’une suspension d’au moins 10 matchs. Ensuite, selon la violence du geste et le curriculum vitae du fautif, on augmente le nombre de parties en conséquence.

Qu’ils arrêtent le niaisage et la violence va diminuer.

Des dossiers plus urgents

Pour tout vous dire, je crois qu’il y a des dossiers beaucoup plus importants que celui des bagarres à régler.

Le plus important, à mes yeux, est celui des jeunes effrontés qui, année après année, osent nous mentir en pleine face en annonçant haut et fort qu’ils préfèrent la NCAA, alors que dans les faits ils ne veulent que décourager certaines équipes de les sélectionner.

Cette pratique, encouragée par quelques clubs riches de connivence avec les agents de ces joueurs, doit cesser.

Comment résoudre un tel problème? Pas évident, j’en conviens. Mais il doit sûrement y avoir un ou deux trucs qui pourraient décourager les «tricheurs».

D’autant plus que les équipes de la LHJMQ ont bien des arguments qui jouent en leur faveur. Le plus concluant est le fait que sur les 64 joueurs en provenance du Québec ou des provinces atlantiques qui ont disputé au moins un match dans la LNH cette saison, seulement six ont choisi la voie des collèges américains.

Et sur ces 64 joueurs, je tiens à préciser qu’on retrouve Paul Stastny des Knights de Vegas, également détenteur de la nationalité américaine et qui a justement grandi au pays de l’Oncle Sam. Les cinq autres sont Alex Killorn du Lightning de Tampa Bay, Michael Matheson des Panthers de la Floride, Alex Chiasson des Oilers d’Edmonton, Alex Biega des Red Wings de Detroit et John Gilmour des Sabres de Buffalo.

Tous les autres, y compris les Néo-Brunswickois Sean Couturier, Philippe Myers et Jake Allen, ont évolué dans la LHJMQ.

Augmenter le nombre de 20 ans

Un autre dossier sur lequel le hockey junior devrait se pencher est le nombre de joueurs de 20 ans qui sont alloués au sein des équipes.

À mes yeux, chaque club devrait pouvoir en aligner au moins cinq au lieu des trois comme le veut le règlement actuel.

Les trois entités de la LCH (LHJMQ, OHL et WHL) sont des ligues de développement et jusqu’à preuve du contraire les joueurs âgés de 20 ans devraient avoir les mêmes droits que ceux de 16 à 19 ans. Pourquoi se restreindre à trois?

Ce n’est pas la première fois que je me prononce à ce sujet et je sais que ç’a été discuté dans les dernières années lors des rencontres de la LCH. On a même songé à ne pas comptabiliser les gardiens de dernière année parmi les trois 20 ans alloués par équipe.

L’intérêt de plus en plus grandissant des équipes de la LNH qui mettent sous contrat de plus en plus d’agents libres de 20 ans est pourtant une preuve que c’est une erreur de ne pas miser davantage sur ces jeunes hommes.

C’est sans oublier que les équipes ne cessent de se plaindre de leur bassin de joueurs et qu’ils sont obligés d’aller puiser dans les restants de l’Ontario. Qu’ils ajoutent deux joueurs de 20 ans par équipe et les 18 clubs de la LHJMQ n’auront ainsi pas besoin d’aller chercher des agents libres ontariens pour boucher les trous.

Vous seriez surpris de voir combien de joueurs gradués du junior A connaissent finalement autant de succès, sinon plus, que d’ex-joueurs de la LHJMQ une fois dans le hockey universitaire. Rien que chez les Aigles Bleus de l’Université de Moncton, Robbie Graham, Gabriel Vanier et Danick Crête sont des cas typiques de joueurs qui auraient dû avoir le droit de disputer une saison de 20 ans dans la LHJMQ.

La présence des joueurs de 20 ans aurait aussi le bon côté d’améliorer la qualité du spectacle. Et, plus important encore, ça permettrait aux équipes d’être plus patientes avec leurs joueurs de 16 ans et de les laisser maturer dans le midget AAA. Je ne dis pas de laisser tous les 16 ans dans le midget AAA, mais vous conviendrez qu’il y en a plusieurs qui gagneraient à jouer une saison supplémentaire avec des jeunes de leur âge.

Si ç’a été bon pour Patrice Bergeron, Kristopher Letang et David Savard, ça peut l’être pour plusieurs autres. On oublie trop souvent que la courbe de progression de chaque joueur est différente.

Calendrier réduit

Par ailleurs, les 18 organisations de la LHJMQ discuteront aussi de la possibilité de réduire le calendrier de quelques parties. Dans les derniers jours, j’ai eu vent de calendriers de 64 ou de 60 matchs.

Rien que pour le temps additionnel que les joueurs pourront consacrer à leurs études, ce serait là une excellente décision de la part des dirigeants de la ligue.

McKinney et Biggar

Question de voir où ils en sont rendus dans leur développement, le Titan d’Acadie-Bathurst va rappeler les défenseurs Sam McKinney et Zach Biggar pour les matchs du week-end.

En fait, McKinney sera rappelé pour la rencontre de samedi alors que les Islanders de Charlottetown seront en ville. Quant à Biggar, il sera du match à Charlottetown, dimanche.