Un désaveu peu convaincant

Les voltefaces des gouvernements sont rarement des épisodes très élégants. La décision de Blaine Higgs de suspendre la fermeture partielle des urgences de six petits hôpitaux s’avère toutefois jusqu’ici un épisode particulièrement disgracieux.

Tout d’abord, les responsables semblent incapables de s’entendre sur les raisons de ce revirement. Selon le premier ministre, le plan des réseaux de santé n’était pas aussi solide que prévu et laissait trop de questions sans réponse pour aller de l’avant immédiatement. Vitalité et Horizon affirment plutôt que leur plan était tout à fait cohérent, mais que les opposants n’étaient pas disposés à écouter leurs réponses.

M. Higgs désire consulter davantage la population en allant visiter les communautés touchées et en organisant un sommet sur la santé. Les réseaux de santé assurent pourtant avoir déjà consulté tous les groupes concernés, certains à plusieurs reprises.

Le ministre de la Santé, Ted Flemming, n’a rien fait pour clarifier la situation en saluant cette semaine le courage du premier ministre pour avoir rebroussé chemin bien que la réforme annoncée était très populaire selon lui. Même si certaines régions rurales sont opposées aux fermetures partielles, le Parti progressiste-conservateur pourrait remporter les prochaines élections uniquement avec le vote urbain, selon M. Flemming. Le ministre s’en est aussi pris aux nombreux intervenants, politiciens et autres, qui appuient selon lui la réforme en privé, mais s’y opposent en public.

Depuis dimanche, le gouvernement essaye de réparer les pots cassés en prévision des élections qui semblent toujours inévitables malgré sa volteface. L’absence d’un message clair et d’un véritable mea culpa nuit cependant grandement à ses efforts.

L’incertitude persiste dans les six communautés parce que le désaveu de la réforme n’en est pas vraiment un. Blaine Higgs a annulé la date de l’entrée en vigueur des changements annoncés, mais il n’a jamais dit qu’il n’irait pas de l’avant si son gouvernement survit au vote sur le budget le mois prochain.