Mathieu Desgagnés en train de sauver sa saison

Quand Sylvain Couturier a sorti Mathieu Desgagnés de Chicoutimi en monnayant un choix de troisième tour, en décembre 2018, le directeur général du Titan d’Acadie-Bathurst était convaincu d’avoir mis la main sur un véritable marqueur.

C’est aussi ce que les représentants des médias croyaient, moi compris, après quelques semaines. Je lui prédisais même une trentaine de buts pour la présente campagne tellement j’avais aimé sa contribution la saison dernière.

Malheureusement, le numéro 27 s’est plutôt donné des airs de pétard mouillé lorsque s’est amorcée la saison. Il faut dire qu’une blessure pendant le camp d’entraînement ne l’a pas aidé.

Croyez-le ou non, Desgagnés n’affichait que trois maigres passes au compteur après 14 matchs. Pas très reluisant pour un bonhomme qui profitait de beaucoup de temps de jeu, y compris en supériorité numérique. Et j’avoue être parmi ceux qui avaient abandonné dans son cas.

Desgagnés fait d’ailleurs son mea culpa pour son misérable début de campagne.

«Je me suis peut-être mis un peu trop de pression en début de saison. Les attentes étaient élevées à mon endroit et je n’ai vraiment pas été à la hauteur. Ce n’est que pendant la période des Fêtes que j’ai commencé à bien jouer. Malheureusement, si les chances de marquer étaient là, la rondelle ne voulait pas entrer. C’est le jour que j’ai décidé d’oublier toute cette pression et de garder les choses simples que ç’a débloqué», raconte-t-il.

Questionné à ce sujet, Sylvain Couturier est d’avis que le crédit de la relance de Desgagnés revient à Mario Durocher. Selon lui, l’entraîneur-chef a fait montre de beaucoup de patience avec le vétéran. Et dans le hockey junior, on oublie trop souvent que la patience est souvent récompensée.

J’ai bien sûr demandé au coach de me parler de son vétéran. Durocher a tenu à commencer son explication dès les premiers coups de patin de Desgagnés à Bathurst. Il m’annonce qu’il a rapidement vu chez le numéro 27 tout ce qu’il pouvait apporter à une équipe. De là sans doute la raison pourquoi il s’est montré patient avec lui.

«Quand Mathieu est arrivé avec l’équipe, je connaissais déjà ses qualités offensives. Je n’avais aucun doute à ce sujet. Mais la plus belle surprise a été de voir à quel point il était un joueur complet. C’est un attaquant qui peut bloquer des tirs, qui est bon en infériorité numérique et que tu peux envoyer sur la glace en fin de période», mentionne l’entraîneur.

«Puis est arrivé le dernier camp d’entraînement et une blessure l’a mené à un lent départ. Il essayait de s’en sortir, mais ça ne fonctionnait pas. Il venait cependant régulièrement me voir pour demander conseil. Sauf que le véritable déclic selon moi s’est fait après que je l’ai mis dans les estrades au début du mois de novembre. Il était fâché et je lui ai dit de prendre ça comme un homme. Je lui ai également dit de se servir davantage de son lancer et de sa vitesse. Aujourd’hui, on le voit régulièrement déborder un défenseur adverse grâce à sa vitesse. C’était quelque chose qu’il ne faisait presque jamais avant. Il va également plus souvent devant le filet», indique Durocher.

Desgagnés n’hésite d’ailleurs pas à remercier son entraîneur pour son réveil offensif.

«J’ai parlé souvent avec Mario et à partir des trucs qu’il m’a donnés, j’ai travaillé encore plus fort pour m’en sortir. Depuis un mois, je dirais que je joue le meilleur hockey de ma carrière. Je joue avec confiance et je veux toujours avoir la rondelle», dit-il.

Jusqu’à quel point Desgagnés a-t-il changé?

Lors de ses 12 derniers duels, il a fait bouger les cordages à 13 reprises en plus de se faire complice de six autres buts.

Le trio qu’il complète avec le jeune Riley Kidney et Logan Chisholm fonctionne à plein régime

«J’adore jouer avec ces deux gars-là. Nous avons une belle chimie. Même si nous nous impliquons dans les deux sens de la patinoire, nous sommes trois joueurs différents. Riley est le passeur, je suis le tireur et Logan nous complète bien», ajoute Desgagnés.

«Mathieu mérite beaucoup de crédit pour s’en être sorti de si belle façon, estime Mario Durocher. C’est non seulement un bon joueur de hockey, mais c’est aussi une bonne personne. Il a du caractère et il adore le jeu.»

Mine de rien, Desgagnés s’approche dangereusement des chiffres attendus puisqu’il montre un dossier de 22 buts, 20 passes et 42 points en 55 parties. S’il conserve le rythme, il devrait terminer la campagne avec près d’une cinquantaine de points et 25 buts.

Samuel Savoie sera choisi très tôt

Ceux qui rêvent de voir Samuel Savoie évoluer avec une formation du Nouveau-Brunswick la saison prochaine devront vraisemblablement en faire leur deuil à moins d’un petit miracle.

Plus nous nous approchons du repêchage et plus les rapports que j’obtiens concernant le jeune surdoué des Flyers de Moncton sont élogieux. On parle maintenant de Savoie comme d’un choix top-5 assuré. Certains parlent même d’un choix top-3.

Les Wildcats de Moncton n’ont pas de choix de premier tour en 2020 depuis qu’ils ont fait l’acquisition du gardien Olivier Rodrigue en juin, alors que Titan a cédé le sien aux Olympiques de Gatineau il y a deux ans pour obtenir Mitchell Balmas.

Certes, le Titan a depuis obtenu le choix de première ronde de l’Océanic dans le troc qui a envoyé Shawn Élément au Cap-Breton, mais vous conviendrez avec moi que ce choix ne se retrouvera jamais dans le boulier.

Les Sea Dogs de Saint-Jean sont les seuls qui ont une chance de parler parmi les cinq premiers, eux qui détiennent les choix de premier tour des Voltigeurs de Drummondville et surtout celui du Drakkar de Baie-Comeau. Mais pour ce faire, il faudra que le Drakkar se fasse distancer par Shawinigan et Val-d’Or.

Il y a bien sûr la possibilité de voir les Olympiques de Gatineau échanger l’un de leurs quatre premiers choix, plus précisément le leur, celui du Titan et celui des Mooseheads de Halifax, mais ce serait fort étonnant. Les Olympiques reconstruisent et ils seraient fous de ne pas profiter de l’occasion pour repêcher trois fois parmi les cinq premiers.

Tout de même, être Sylvain Couturier, je tenterais le coup en leur offrant une offre qui ressemblerait à celle-ci: inversion de choix de première ronde, un choix de deuxième tour, Nicolas Kingsbury-Fournier et Benjamin Roode. Mais encore là, je me demande si ce serait suffisant.

En 37 parties de saison régulière, le jeune Savoie a compilé 18 buts et 38 passes pour 56 points.

Ils lancent… et lancent… et lancent

Saviez-vous que depuis que la LHJMQ comptabilise les tirs au but, soit à partir de la saison 1998-1999, seulement trois joueurs sont parvenus à dépasser le cap des 400 lancers en une saison?

Il s’agit de Brad Richards qui, en 1999-2000, a enregistré pas moins de 489 tirs avec l’Océanic de Rimouski. La même saison, Ramzi Abid, que le Titan avait échangé en début de campagne aux Mooseheads de Halifax, en avait obtenu 430.

Enfin, en 2000-2001, Simon Gamache des Foreurs de Val-d’Or s’était rendu jusqu’à 463 lancers.

Par ailleurs, au fil des ans, deux joueurs ont réussi à dominer la colonne des lancers deux saisons consécutives.

L’ancien du Titan Brandon Hynes a été le premier à réaliser l’exploit, alors qu’il portait les couleurs des Tigres de Victoriaville, avec des saisons de 303 (2010-2011) et 297 (2011-2012) tirs.

Et lors des deux dernières campagnes, Jeremy McKenna des Wildcats s’est également imposé avec des récoltes de 313 (2017-2018) et de 364 (2018-2019) lancers.

Même que McKenna est en position de réussi le triplé, lui qui occupe pour l’instant le deuxième échelon avec 304 tirs, soit 10 de moins que Nathan Légaré (314 lancers) du Drakkar de Baie-Comeau.

Toujours au sujet des lancers, James Malatesta des Remparts de Québec est devenu la semaine dernière le huitième joueur de 16 ans à atteindre le plateau des 200 tirs dans la LHJMQ depuis que la LHJMQ comptabilise cette statistique.

Les sept autres sont Sidney Crosby (280, 2003-2004) de l’Océanic, Daniel Sprong (260, 2003-2004) des Islanders de Charlottetown, Pierre-Marc Bouchard (216, 2000-2001) des Saguenéens de Chicoutimi, Adam Erne (211, 2011-2012) des Remparts, Nathan MacKinnon (209, 2011-2012) des Mooseheads, Alexis Lafrenière (205, 2017-2018) de l’Océanic et Angelo Esposito (200, 2005-2006) des Remparts.

En ce qui concerne les trois clubs néo-brunswickois, Jakob Pelletier détient le record pour un joueur de 16 ans avec les Wildcats, lui qui a tiré 160 fois vers les gardiens adverses en 2017-2018. Zachary L’Heureux a toutefois une mince chance de le détrôner puisqu’il compte actuellement 128 tirs avec encore 11 parties à disputer.

Chez le Titan, Cole Huckins (126 lancers) a récemment éclipsé l’ancienne marque de 111 lancers qui appartenait à Mathieu Carle depuis la saison 2003-2004. À noter que Riley Kidney est bien parti pour devancer Carle avec ses 102 lancers et encore 10 matchs à jouer.

Du côté des Sea Dogs, le record appartient à Joseph Veleno (151, 2015-2016).

Ça aurait pu être un Acadien

Depuis samedi, David Ayres est probablement le chauffeur de zamboni le plus célèbre au monde après avoir aidé les Hurricanes de la Caroline à vaincre les Maple Leafs de Toronto.

Appelé en relève après que les deux gardiens des Hurricanes ont été blessés, Ayres a eu l’occasion de réaliser un rêve en disputant un match de la Ligue nationale.

Cet exploit peu commun survient quelques jours après un texte que j’ai publié la semaine dernière sur ma plateforme Facebook au sujet du Néo-Brunswickois Bill Dickie qui, le 20 février 1942, a vécu exactement la même expérience au Forum de Montréal. Dickie, un Restigouchois de Campbellton, avait alors aidé les Black Hawks de Chicago à vaincre les Canadiens de Montréal 4 à 3.

Mais ce que vous ne savez pas au sujet du match de samedi à Toronto, c’est qu’en temps normal, c’est l’Acadien de Dieppe Frédéric Foulem qui est d’office en tant que gardien suppléant.

Mais malheureusement pour Frédéric, qui évolue depuis trois saisons avec les Blues de l’Université de Toronto, les règlements du hockey universitaire canadien empêchent leurs portiers de servir comme gardien suppléant pour des matchs de la Ligue nationale tant et aussi longtemps que les séries éliminatoires ne sont pas complétées.

C’est d’autant plus frustrant pour Frédéric que son équipe est éliminée depuis le 16 février.

J’ai par ailleurs eu l’occasion de dialoguer un brin via Messenger avec l’ancien gardien de l’organisation du Titan, dimanche.

«Mon prochain match comme gardien de réserve est en mars, m’a confié Frédéric. C’est sûr que ça aurait été cool de jouer ce match, mais ça me dit de garder l’esprit ouvert. Un jour, ce sera peut-être un Acadien qui va vivre ça. Il y a tellement de chemins pour jouer dans la LNH.»

Durocher aiment Biggar et McKinney

Zach Biggar et Sam McKinney sont les deux recrues les plus productives en défensive dans la Ligue junior des Maritimes.

Biggar, 16 ans, a déjà 39 points (6-33) en seulement 43 parties. Il évolue au sein de la première paire défensive des Western Capitals de Summerside avec le vétéran Jacob Arsenault, un Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.

Quant à Sam McKinney, 17 ans, il totalise 30 points (7-23) en 38 duels. Lui aussi profite de beaucoup de temps de jeu avec les Tigres de Campbellton.

Biggar et McKinney ont également en commun d’être deux espoirs du Titan. Mario Durocher a d’ailleurs eu l’occasion de voir les deux arrières à l’oeuvre lors de récents rappels.

«Ce sont deux gars qui vont probablement jouer au sein de notre avantage numérique dès la saison prochaine, soutient Durocher. McKinney est doté d’une belle vitesse ainsi que pour la qualité de ses passes. Biggar, lui, possède un très gros lancer au filet. Ils vont devenir deux bons défenseurs pour notre équipe», souligne-t-il.

Biggar, McKinney et aussi Marc-André Gaudet, du Moose du Nord, sont effectivement trois arrières en qui le Titan mise beaucoup pour l’avenir.