Onward: un des bons films d’animation des dix dernières années

Les studios Pixar nous ont donné certains des plus grands classiques de l’animation au cours des années. Toy Story, Cars, Finding Nemo, The Incredibles, WALL-E… Sans être du calibre de ces films devenus cultes, Onward (en salle depuis jeudi) est certainement une des meilleures oeuvres produites par la boîte californienne au cours de la dernière décennie.

J’avoue que j’étais un peu sceptique face à la prémisse d’Onward (En avant en version française).

La bande-annonce laissait présager un film dans lequel un jeune magicien tente de ramener son père à la vie. À titre de papa, je m’interrogeais sérieusement sur le message qu’Onward allait transmettre à nos enfants…

Perdre un être cher fait partie des grands drames de la vie, certes. Mais faire face à la douleur et essayer d’en sortir grandi font de leur côté partie des grands apprentissages de la vie.

Ma crainte était que, dans son nouveau film, Pixar banalise la mort et enracine dans le cerveau de toute une génération la notion qu’un décès n’a rien de permanent et qu’un peu de magie suffit à ramener ceux qui nous ont quittés.

Tout juste avant d’aller voir le film, j’ai lu que le réalisateur Dan Scanlon (Monsters University) avait perdu son père alors qu’il était enfant. C’est en entendant un enregistrement audio de la voix de son papa que le cinéaste âgé de 43 ans a eu l’idée de tourner le film qu’est devenu Onward.

Cette information m’a un peu rassuré. Je voyais mal quelqu’un qui a vécu le drame de perdre son père traiter ce sujet sans discernement.

Finalement, mes craintes n’étaient pas fondées. En plus de n’avoir rien de larmoyant, Onward est davantage un film sur la magie de la vie que sur la tristesse de la mort. Et les 15 dernières minutes sont peut-être les meilleures que Pixar nous ait offertes depuis dix ou quinze ans.

Demi-papa

Ian, un elfe maladroit et gêné, n’a jamais connu son père. Le jour de son 16e anniversaire, sa mère lui remet un bâton de magicien que son père avait laissé pour lui. Grâce à ce bâton et à une pierre magique, le jeune elfe peut ramener son père à la vie pour 24 heures.

Mais quelque chose tourne mal lors de l’incantation et seules les jambes du papa apparaissent.

Ian et son frère, l’insouciant Barley, partent alors en quête d’une autre pierre afin de terminer le rituel.

Mais le temps presse. Et la pierre est très bien protégée…

Du grand Pixar

Depuis Toy Story en 1995, Pixar nous a habitués à des images d’animation de qualité, à un humour subtil, à beaucoup d’action et à de petites perles de morale.

Onward est loin de faire exception.

Les images sont magnifiques, même si la troisième dimension est totalement superflue.

L’humour est également au rendez-vous. Les occasions de rigoler sont nombreuses, que ce soit lors des tentatives de Ian de contrôler ses nouveaux pouvoirs, quand le demi-papa frôle la catastrophe à chaque pas – le pauvre ne voit pas où il met les pieds… – ou lors des pas toujours à-propos conseils de Barley.

Les scènes d’action sont elles aussi très réussies. Le dernier acte m’a tenu sur le bout de mon siège et j’ai été vraiment émerveillé par l’originalité de la créature qui protège la pierre précieuse.

Deux morales

Reste que si Onward est un des meilleurs films d’animation des dix dernières années, c’est en raison des petits messages qu’il livre.

Le premier prend la forme d’une critique sociale. Alors que les technologies envahissent chaque jour un peu plus nos vies, nous nous détournons tranquillement, en tant qu’humain, des petites choses qui font que la vie vaut la peine d’être vécue.

On ne court plus, on roule. On ne se parle plus, on texte. On ne vit plus d’aventure, on les regarde sur notre tablette.

Onward nous invite à revenir à l’essentiel et à instiller un peu de magie dans notre vie.

Et il y a la question de la quête du papa disparu…

Dans le film de Scanlon, l’objectif de la quête est moins important que la quête elle-même.

Lors de leur aventure, Ian et Barley apprennent à faire face à leurs peurs, à se faire confiance, à travailler en équipe, mais surtout, ils réalisent l’importance de vivre le moment présent et d’apprécier ceux qui nous entourent.

Retour à l’essentiel et importance du moment présent, le tout présenté dans un emballage qui divertira et fera rigoler les petits et les grands. Pas de doute, Onward est une immense réussite.

 

FICHE TECHNIQUE

Version française: En avant
Genre: Film familial d’animation
Réalisateur: Dan Scanlon
Scénario: collectif
Durée: 102 minutes
Budget: non dévoilé
Une production des studios: Walt Disney Pictures et Pixar Animation Studos

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 4
Qualités visuelles: 4
Jeu des comédiens: 4
Originalité: 5
Divertissement: 4

Total: 21 sur 25
(Quatre étoiles sur cinq)