Survivre au budget

Le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs pourrait-il survivre au vote sur le budget malgré la grogne populaire suscitée par la réforme avortée des petits hôpitaux? Son chemin est certainement pavé d’embûches.

Depuis le départ de Robert Gauvin, le caucus progressiste- conservateur ne compte plus que 20 voix sur les 24 dont il a besoin pour remporter le vote sans prendre le risque de laisser au président de l’Assemblée législative le soin de briser l’égalité.

Les bleus pourront sans aucun doute compter une fois de plus sur leurs amis de l’Alliance des gens qui sont rapidement rentrés dans les rangs à la suite de la volte-face du premier ministre.

Avec 23 votes en poche, il ne manque plus qu’une voix à M. Higgs pour garantir l’adoption de son budget.

Le député indépendant Gauvin a déjà confié son intention de voter contre le budget. À quoi bon quitter le parti si c’est pour se ranger derrière le gouvernement à la première occasion?

Le député libéral de Sainte-Jean-Havre, Gerry Lowe, est prêt à accorder son vote au plus offrant en dépit de la volonté de son chef. En échange, il réclame une nouvelle école et une hausse de l’impôt foncier de l’industrie lourde. On imagine difficilement Blaine Higgs acquiescer à l’une ou l’autre de ses requêtes. La première irait à l’encontre de la volonté de son ministre de l’Éducation d’écarter la politique de la construction des écoles alors que la seconde n’est clairement pas dans la nature du premier ministre.

Du côté du Parti vert, il est à peu près impossible d’imaginer Megan Mitton ou Kevin Arseneau accorder leur confiance à un gouvernement qui voulait fermer partiellement l’urgence des hôpitaux de leurs circonscriptions  il y a à peine un mois. Quant à David Coon, il risque de plonger ses deux collègues dans un embarras sans nom en votant pour le budget.

A-t-on déjà vu un gouvernement s’extirper d’une pire situation? Absolument. Est-ce que c’est dans la poche? Pas du tout.