Des élections malgré tout?

Les prochaines élections provinciales présentent des risques pour tous les partis politiques.

Ces derniers ont tous une chose en commun c’est-à-dire que leurs caisses électorales sont plutôt voire complètement vides. Comme au Nouveau-Brunswick l’argent ne coule pas à flots comme chez nos voisins américains, les partis et les candidats auront du mal à renflouer leurs coffres en vue du prochain rendez-vous électoral.

La People’s Alliance pourrait voir deux de ses trois députés mordre la poussière lors d’élections printanières. En plus d’affronter le chef libéral dans Miramichi, la députée Michelle Conroy pourrait subir la grogne des syndicats de la région en raison de ses prises de position dans le controversé dossier des foyers de soins.

Pour sa part, le député Fredericton-York, Rick DeSaulniers, n’a pas non plus sa réélection dans la poche. On ne peut pas dire qu’il a brillé de mille feux depuis son élection surprise à l’automne 2019.

Le Parti vert aura fort à faire pour conserver ses trois sièges. La circonscription de Memramcook-Tantramar sera plus particulièrement à surveiller. La candidate verte avait remporté la victoire face au député sortant libéral avec une courte majorité de 11 votes. Un examen des résultats des bureaux de scrutins permet de constater que les étudiants du campus de Mount Allison ont fait pencher la balance du côté des verts.

Les libéraux devront lancer leur campagne électorale avec un chef inexpérimenté et largement inconnu de la population. Toutefois, ils devraient bénéficier de l’appui de l’électorat francophone et remporter la victoire dans presque la totalité des 21 circonscriptions comptant plus de 20% de francophones. Le grand défi pour les libéraux sera de faire des gains dans les régions anglophones du sud de la province.

Les progressistes-conservateurs ont perdu leur seul député représentant une circonscription francophone et ils auront de la difficulté à dénicher de bons candidats dans les régions francophones. Le sort du gouvernement de Blaine Higgs sera entre les mains de l’électorat anglophone.

Il sera intéressant de connaître les prochains sondages électoraux. Le dernier de Narrative Research en novembre 2019 indiquait que les progressistes-conservateurs avaient 37% des intentions de votes suivis par les libéraux avec 31% et les verts avec 21%. Si les prochains résultats électoraux affichaient les mêmes résultats que ce sondage, nous aurions à nouveau un gouvernement minoritaire.

Si une majorité de députés devaient malgré tout provoquer des élections anticipées ce printemps, il serait intéressant de voir comment les chefs des partis pourront y tirer leur épingle du jeu. Le débat en anglais pourrait être déterminant pour Kevin Vickers. Fort de l’appui de l’électorat francophone, le chef libéral devra se montrer convaincant chez les anglophones. On peut penser que Blaine Higgs, David Coon et Kris Austin lui donneront du fil à retordre.

Le grand gagnant des prochaines élections pourrait être Robert Gauvin si les libéraux lui donnent sur un plateau d’argent l’ancienne circonscription de Brian Gallant. Celui-ci pourrait occuper une place de choix dans un éventuel gouvernement libéral.

Le poste de vice-premier ministre!