La pire crise des temps modernes?

Le coronavirus, à l’origine de la maladie maintenant appelée Covid-19, est désignée comme la troisième crise majeure de l’après-guerre froide, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 et l’effondrement financier de 2008.

Cette crise peut cependant provoquer des conséquences pires que celles des deux autres, en raison du populisme qui s’est imposé comme logique de gouvernement dans certains pays importants comme les États-Unis. L’absence d’un leadership fort au sein de la «communauté mondiale» est un autre problème préoccupant.

Le Canada, les États-Unis et la France, parmi d’autres pays riches, ont annoncé des mesures sanitaires fortes pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Pour juguler cette crise, les États plus forts doivent fournir une assistance aux pays dont la capacité est plus faible face aux exigences de la crise.

Les conséquences

Désormais élevée au rang de pandémie, les experts prédisent que la propagation du coronavirus pourrait causer un ralentissement de l’économie mondiale, au moins comparable à celui provoqué par la grave crise financière internationale de 2008.

Certaines des plus grandes économies du monde sont déjà au point mort. Les gens sont invités à limiter leurs déplacements. Dans certains pays, les écoles ferment, les activités professionnelles et récréatives, les conférences, etc., sont annulées les unes après les autres.

Aux États-Unis, l’indice boursier le Dow Jones a chuté de plus de 13% la semaine dernière et il continue sur une pente dangereusement volatile. Les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées. Dans la plupart des cas, elles pourraient mettre du temps à redémarrer.

Les plus optimistes envisagent que l’épidémie pourrait connaître une accalmie en été. Là encore, si elle devait durer jusqu’à l’automne, il pourrait y avoir un sérieux risque financier au niveau mondial si certaines entreprises devaient faire faillite et que les pays vulnérables sont confrontés à des coûts d’emprunt accrus.

La menace autoritaire

L’éclosion du coronavirus expose aussi la menace que représente le retour sur la scène mondiale de nouvelles grandes puissances autoritaires. Si l’épidémie a son origine en Chine (et a fait les dégâts que l’on connaît dans des pays comme l’Iran), ce n’est pas un hasard.

Des décennies de recherche en sciences sociales démontrent que les dictatures rigides sont plus vulnérables à la famine, aux épidémies et à d’autres catastrophes. Elles ont tendance à supprimer l’information et les hauts fonctionnaires peuvent reconnaître la gravité d’une situation seulement lorsqu’il est déjà trop tard pour agir et la maîtriser.

C’est apparemment ce qui s’est passé en Chine et en Iran. Les autorités chinoises – et, dans une moindre mesure, celles iraniennes – ont été efficaces dans leur mobilisation de leurs ressources nationales et leurs réponses ambitieuses. Pékin a mis en quarantaine des villes entières et a imposé d’autres contrôles de grande envergure. Trop peu, trop tard!

Ceux qui essayaient de sonner l’alarme en Chine ont été réduits au silence ou punis. Malheureusement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a, elle non plus, été à la hauteur. Son leadership est largement considéré comme trop révérencieux envers Pékin.

L’ignorance de Trump

La Chine est cependant en bonne compagnie. Dans un premier temps, le président américain n’a vu l’épidémie qu’à travers le prisme de sa propre réélection en novembre prochain. En Caroline du Sud, Donald Trump jurait jusqu’à tout récemment que le virus était sous contrôle. Pour lui, toute avis du contraire était un «nouveau canular» ourdi par les démocrates pour se débarrasser de lui.

Trump mérite cependant l’essentiel du blâme. Il a réduit le financement du Conseil national de sécurité (CNS) et a aboli le bureau au sein de cette structure dédié à la lutte contre les épidémies. Trump aurait même fait pression sur ses propres fonctionnaires pour minimiser le risque posé par le virus. Lui, et certains de ses fonctionnaires, sont même allés jusqu’à dire que le virus pourrait «être une aubaine pour nous» ou «stimuler l’emploi» dans l’économie américaine.

Une journaliste américaine, dans une récente chronique, écrivait ceci: «La réponse de Donald Trump au coronavirus combine la pire caractéristique de l’autocratie et de la démocratie, mélangeant l’opacité et la propagande avec l’inefficacité en absence de leader».

Ainsi va le monde!