Nos mots

Il y a quelques temps l’ami Rino Morin Rossignol s’est fait apostropher par un lecteur qui lui reprochait d’utiliser des mots trop compliqués dans ses chroniques. Sur le coup, je n’ai pas réagi, mais cette attaque m’a dérangée. Je suis de ceux et celles qui pensent qu’il est essentiel d’élargir son vocabulaire et qu’on n’a jamais fini d’apprendre.

D’ailleurs, pour se convaincre de la nécessité de s’améliorer et d’agrandir sans cesse son registre de mots, il suffit d’écouter le clown de Washington : ses propos sont basiques, sans nuances, sans couleurs, sans aucune précision et donc, la plupart du temps, vides de sens. Inversement, c’est en cherchant le mot juste dans son dictionnaire interne (ou externe) qu’on réussit à clairement exprimer ce qu’on veut dire. Essayons donc d’apprendre des mots nouveaux! Et pas simplement pour comprendre Rino ou moi ou d’autres, mais surtout pour nous enrichir.

C’est le sens des Dix Mots de la Francophonie, choisis chaque année pour bien montrer comme notre langue française est riche et variée. Cette année, on s’en réjouit, les mots sont en rapport avec l’eau : Aquarelle, à vau-l’eau, engloutir, fluide, mangrove, oasis, ondée, plouf, ruisseler, spitant.

Je vous offre donc ma composition en cette quasi vieille de la journée internationale de la Francophonie

« Le français est une langue spitante! Ses mots éclatent sur notre langue comme autant de bulles de soda. Ils sont délicieux comme une ondée rafraîchissante par jour de grosse chaleur et ruissellent dans notre cerveau desséché et soulage notre soif d’expression. Bien choisis, les mots nous offrent une oasis de dialogue et d’échanges dans un désert d’incompréhension. Ils nous permettent de prendre de la hauteur dans notre quotidien, comme un palétuvier domine la mangrove. Fluides comme du vif-argent, ils se prêtent à tous les usages, à toutes les descriptions et expressions artistiques et offrent à l’aquarelle de notre âme leur pleine palette de couleurs.

Mais, encore faut-il en prendre soin! Pour éviter que notre belle langue française ne s’en aille à vau-l’eau, qu’elle ne soit engloutie par ses faux amis anglais et qu’enfin elle ne disparaisse, dans la plus grande indifférence, avec à peine un plouf! »

À vous maintenant, chères lectrices et chers lecteurs, de vous livrer à l’exercice, car notre langue, comme notre corps, a besoin de gymnastique.