La partisanerie en pause

La politique partisane est en pause ces jours-ci au Nouveau-Brunswick à quelques exceptions près et c’est très bien ainsi. Une crise de cette ampleur n’est pas le bon moment pour faire de la petite politique.

En France, les citoyens ont pris la touchante habitude depuis le début de la pandémie de se rassembler chaque soir sur leur balcon pour applaudir tous ensemble le personnel de la santé. Il va sans dire que les travailleurs du système de santé néo-brunswickois sont tout à fait dignes de la même reconnaissance. Toutefois, nos politiciens aussi méritent une ovation. À l’Assemblée législative, ils ont tous mis leurs différences de côté récemment  pour accélérer la prise de décision afin d’adopter le budget et de repousser les élections municipales. Considérant que le consentement unanime des élus est nécessaire pour hâter certains votes, un seul député récalcitrant aurait pu faire tout dérayer.

Cette coopération entre nos politiciens mérite d’autant plus d’être soulignée qu’elle n’est généralement pas dans leur nature. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique que des députés libéraux n’ont pas pu s’empêcher de critiquer le chef du Parti vert pour avoir voté pour le budget même si David Coon a permis à lui seul d’éviter de précipiter la province en élection en plein milieu d’une pandémie.

Il est vrai que sur le plan strictement politique les partis d’opposition vont vivre des moments difficiles dans les semaines à venir. Afin de rester pertinents, ils devront trouver une façon de participer au débat public sans avoir l’air d’utiliser la crise pour faire des gains politiques. Heureusement pour eux, ils pourront toujours s’inspirer des conservateurs fédéraux pour savoir exactement quoi ne pas faire dans les circonstances. Les attaques hyper partisanes de certains députés conservateurs à Ottawa contre le premier ministre du pays sont tout simplement ahurissantes dans l’état actuel des choses. Le fait que le Parti conservateur du Canada n’a toujours pas suspendu sa course à la chefferie y est d’ailleurs probablement pour quelque chose.