Souhaitons un dénouement heureux pour les Wildcats

Maintenant que la saison régulière de la LHJMQ a été annulée, ils sont plusieurs à croire ici et là à travers la ligue que les séries éliminatoires subiront tôt ou tard le même sort.

Chez les Wildcats de Moncton, vous devez vous douter qu’un tel dénouement serait épouvantable, pour ne pas dire catastrophique.

Si vous suivez de près les activités du Circuit Courteau, vous n’êtes pas sans savoir que les Wildcats ont payé le gros prix afin de se hisser au rang de favoris pour remporter la coupe du Président et, du même coup, avoir l’opportunité d’imiter le Titan d’Acadie-Bathurst de 2018 et gagner à leur tour la coupe Memorial.

Les Saguenéens de Chicoutimi, l’Océanic de Rimouski, les Eagles du Cap-Breton et, à une moindre mesure, le Phoenix de Sherbrooke est dans le même bateau.

Malheureusement, à cause de la COVID-19, les séries éliminatoires des trois entités de la Ligue canadienne (LHJMQ, OHL, WHL) et le tournoi de la coupe Memorial, qui doit normalement avoir lieu du 21 au 30 mai à Kelowna, en Colombie-Britannique, sont actuellement sur le respirateur artificiel.

Et plus les jours passent, plus on doit se ronger les ongles dans le camp des Wildcats. Ça doit être horriblement frustrant de ne pas savoir.

Imaginez un instant dans quelle situation les Wildcats se retrouveraient si tout devait être annulé.

Dans le junior majeur, construire un club champion sans regarder à la dépense est déjà un grand risque. C’est toutefois un risque qui en vaut la peine s’il y a la victoire au fil d’arrivée.

Essayer maintenant de visualiser un scénario similaire à celui qui nous préoccupe aujourd’hui pour le printemps de 2018. Un scénario qui verrait une pandémie priver le Titan des coupes du Président et Memorial. Je suis convaincu que Jeffrey Viel, Noah Dobson, Olivier Galipeau, Adam Holwell, Antoine Morand, Samuel Asselin, German Rubtsov, Evan Fitzpatrick, Mitchell Balmas et tous les autres joueurs de l’équipe ont mal à l’âme juste à y penser. L’organisation au grand complet pour tout dire.

Je vous rappelle d’abord que 33 603 spectateurs ont franchi les tourniquets lors des 10 matchs de séries présentés au Centre régional K.-C.-Irving en 2018. C’était beaucoup de monde à la messe quand on sait que l’équipe n’en avait attiré que 64 702 lors des 34 rencontres du calendrier régulier. C’est sans oublier le sentiment de fierté qui a envahi la région avec la parade dans les rues du centre-ville.

Sincèrement, plus j’y pense et plus je crois que ça aurait peut-être été le coup de grâce de la concession. J’ai pensé poser la question au président Serge Thériault et il m’a en quelque sorte donné raison.

«C’est évident que ça aurait été désastreux pour nous si cette pandémie était arrivée en 2018. C’est sûr qu’il y aurait eu des discussions avec les actionnaires pour savoir si valait la peine de continuer. Déjà que nous perdons de l’argent chaque année depuis que nous avons acquis l’équipe, les séries de 2018, sans nous aider à faire des profits, nous avait au moins permis de faire nos frais», m’a révélé le président.

«Bien que nous étions déjà conscients de prendre un gros pari en y allant le tout pour le tout, derrière notre décision de foncer, il y avait l’espoir de ramener la fierté qu’on retrouvait dans la région en 1998. L’objectif était de convaincre les gens de continuer à nous encourager par la suite. Malheureusement, à ce niveau, ça n’a pas vraiment fonctionné. Je crois que les gens ne comprennent pas encore ce qu’est un cycle junior majeur», m’a-t-il raconté.

Serge Thériault sait également qu’en cas de pandémie, la suite des événements n’aurait absolument rien changé quant aux deux saisons que l’organisation vient de vivre. C’était déjà acquis à l’avance que ça allait être difficile et c’est justement dans la cave du classement que l’équipe pavoise depuis. Normal puisque la banque de choix et d’espoirs avait été vidée et plusieurs des meilleurs éléments étaient déjà promis à d’autres équipes pour compléter les échanges.

«Ce n’est pas si évident de foncer parce que tu n’as pas la garantie que ça va fonctionner. Il ne faut pas oublier que nous n’étions pas la seule équipe qui visait la victoire. La chance a voulu que ce soit nous qui l’emportons parmi les 60 équipes au Canada. Quand tu penses à ça, tu ne peux pas faire autrement que d’avoir de la compassion pour les Wildcats, les Saguenéens et les autres équipes qui ont décidé de parier cette année», a-t-il ajouté.

Tout ça pour vous dire que si les séries éliminatoires et le tournoi de la coupe Memorial sont annulés, au-delà des pleurs et de la frustration que cela va inévitablement occasionner, les Wildcats vont quand même devoir reconstruire. Ils auront perdu sur tous les fronts sans même avoir pu batailler pour une possible coupe Memorial, ou au pire profiter de quelques salles combles dans les séries.

Peu importe ce qui va arriver dans les prochaines semaines, il est déjà assuré que les Wildcats entameront la prochaine saison sans le gardien Olivier Rodrigue, les arrières Alex Andersson, Jared McIsaac et Christian Huntley, ainsi que les attaquants Alexander Khovanov, Benoit-Olivier Groulx, Jeremy McKenna, Mika Cyr et Gabriel Fortier. Huntley, McKenna et Cyr auront simplement terminé leur stage junior, alors que les six autres feront le saut chez les professionnels.

Il est également certain que d’autres patineurs de premier plan sont déjà promis à certains clubs. Les rumeurs vont d’ailleurs déjà bon train au sujet de Jakob Pelletier, Jacob Spence, Elliot Desnoyers et Sean Stewart. Mais pour tout vous dire, cette dernière constatation est possiblement la seule chose dans laquelle on peut retenir un brin de positif puisque ces départs permettront la récupération de quelques choix au repêchage pour commencer la reconstruction.

Et croyez-moi, ça ne sera pas un luxe puisqu’au moment où vous lisez ces lignes les Wildcats n’ont en banque pour les trois prochaines années que leurs choix de 4e tour de 2020 et 2022, ainsi qu’une sélection de troisième ronde en 2021 dans les cinq premières rondes.

Tu ne souhaites pas ça même à ton pire ennemi et j’espère de tout cœur que le reste de la saison sera sauvée.

L’Acadien Mika Cyr et ses coéquipiers méritent mieux qu’une saison complètement annulée.

D’autant plus que ce serait vraiment cool un défilé dans le centre-ville de Moncton.

La boxe pour combattre l’ennui

Pour ceux et celles qui sont abonnés aux plateformes de diffusion en continu telles que Netflix et Amazon Prime Video, je vous suggère cinq vieux films de boxe à voir (ou revoir) qui devraient vous aider à occuper votre temps libre dans les prochains jours.

Lors d’une prochaine chronique, je vous proposerai cinq vieux films de baseball.

THE SET-UP (1949)

Fiction de 73 minutes réalisée par Robert Wise et mettant en vedette Robert Ryan, Audrey Potter et George Tobias.

Synopsis: Bill Thompson, un boxeur en fin de carrière, décide de livrer un dernier match, combat qui est toutefois truqué par son gérant qui lui demande de se «coucher» devant son jeune adversaire. Mais une fois sur le ring, au grand dam de la pègre, le vieux guerrier décide d’en faire à sa tête. Évidemment, il y aura un prix à payer.

Informations supplémentaires: Ce classique de boxe, également catalogué par les puristes de cinéma comme un Film-Noir, a remporté deux prix au Festival de Cannes de 1949, dont celui de la meilleure direction photo. C’est à mon humble avis l’un des meilleurs drames jamais réalisés sur la boxe. Je vous le conseille fortement.

REQUIEM FOR A HEAVYWEIGHT (1962)

Fiction de 95 minutes réalisée par Ralph Nelson et mettant en vedette Anthony Quinn, Jackie Gleason et Mickey Rooney.

Synopsis: Après une longue carrière professionnelle de 17 ans, Mountain Rivera, un vieux boxeur poids lourd, subis une correction devant Cassius Clay. Gravement blessé à un œil et menacé de perdre la vue, il doit prendre sa retraite et décide alors de partir à la recherche d’un travail avec l’aide de son soigneur Army. Une assistante sociale parvient à lui dénicher un emploi de moniteur dans un camp de vacances, mais son entraîneur, criblé de dettes, envisage de le reconvertir en lutteur professionnel.

Informations supplémentaires: Mis à part le fait que personne ne l’a obligé à faire à carrière dans la lutte, je vois tout de même et quelques similitudes dans la vie d’Yvon Durelle et l’histoire de Mountain Rivera. Comme le personnage du film, Yvon a eu des problèmes à se dénicher un bon travail après sa carrière en raison de problèmes liés aux nombreux coups encaissés dans la boxe. Et comme Mountain Rivera, la carrière de lutteur d’Yvon n’a pas été un grand succès. Définitivement l’un des meilleurs rôles du grand Anthony Quinn.

BODY AND SOUL (1947)

Fiction de 104 minutes réalisée par Robert Rossen et mettant en vedette John Garfield, Lilli Palmer et William Conrad.

Synopsis: Sur le point de livrer un combat «arrangé» par un promoteur véreux, Charlie Davis est repoussé par sa mère qui n’a jamais accepté sa condition de boxeur. Il terminera finalement la soirée chez une chanteuse de cabaret. Le lendemain, une fois dans le vestiaire, il repasse dans sa tête les moments-clés de sa carrière qui semblait pourtant prometteuse.

Informations supplémentaires: Également considéré comme un Film-Noir, Body and Soul a remporté l’Oscar du meilleur montage en 1948. L’interprète de Charlie Davis a pour sa part été mis en nomination pour le prix du meilleur acteur sans toutefois l’emporter. Plusieurs critiques de cinéma considèrent par ailleurs qu’il s’agit du plus grand film de boxe jamais tourné. Je suis loin d’être d’accord, mais ça n’en reste pas moins un excellent film.

FAT CITY (1972)

Fiction de 96 minutes réalisée par John Huston et mettant en vedette Stacy Keach, Jeff Bridges et Susan Tyrrell.

Synopsis: Billy Tully, un ex-boxeur devenu alcoolique et vivant dans la misère depuis le départ de sa femme, s’accroche comme il peut à la vie en se rendant de temps à autre dans un gymnase pour mettre les gants. Un bon jour il fait la rencontre d’Ernie Munger, un jeune boxeur prometteur chez qui il voit un grand potentiel. Soudainement animé du désir de retrouver son ancienne vie, il décide d’effectuer un retour sur le ring.

Informations supplémentaires: Il s’agit ici d’un film d’une grande tristesse qui m’a remué chaque fois que je l’ai revu. Pour tout dire, c’est à mon humble avis l’un des films les plus sous-estimés de John Huston, également réalisateur de grands classiques tels que The Maltese Falcon, The Treasure of the Sierra Madre, Key Largo, The Asphalt Jungle, The African Queen et Moby Dick. Le film a par ailleurs valu une nomination aux Oscars à Susan Tyrrell pour le prix de la meilleure actrice de soutien.

TRIUMPH OF THE SPIRIT (1989)

Biographie de 120 minutes réalisée par Robert M. Young et mettant en vedette Willem Dafoe, Edward James Olmos et Robert Loggia.

Synopsis: C’est l’histoire vraie du boxeur grec Salamo Arouch qui, emprisonné en compagnie de ses proches dans le camp de la mort d’Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale, se voit offrir de rester en vie tant et aussi longtemps qu’il acceptera de livrer des combats contre d’autres prisonniers pour divertir les gardiens nazis.

Informations supplémentaires: À mon avis l’un des secrets les mieux gardés parmi les centaines de films de boxe qui ont été réalisés. Willem Dafoe est extraordinaire dans le rôle principal du boxeur dont le «contrat» lui permet de faire profiter à sa famille d’un peu plus de nourriture, mais qui sait à l’avance qu’il se retrouvera dans la chambre à gaz dès sa première défaite.