«Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être.» – Johann Wolfgang Goethe

Le titre de ma chronique donne l’impression que je me réfère aux relations ouvertes dans lesquelles les partenaires consentent à la liberté sexuelle. Bien que cela aurait été intéressant – c’est le moins que l’on puisse dire – ma réflexion repose plutôt sur la liberté d’être (et non sur la liberté de faire). Je regrette de vous décevoir.

Une mise en situation

Prenons l’exemple de Brigitte qui est une personne de nature chaleureuse. Que ce soit à l’égard d’un collègue, d’une voisine ou d’un raton laveur, elle a toujours été spontanément tendre et attentionnée. Son conjoint, Jean-Michel, devient jaloux lorsque Brigitte se montre telle qu’elle est devant un autre homme. Malgré la conviction qu’elle a de l’innocence de ses intentions, Brigitte s’efforce parfois de faire preuve de retenue afin de maintenir la paix. Sans surprise, elle ressent un malaise intérieur.

Devrait-elle exprimer sa vraie nature?

Ce que j’en pense

D’une part, lorsque Brigitte réprime son côté amical avec d’autres hommes, Jean-Michel est apaisé. (Un apaisement éphémère bien entendu.) Le problème est que, ce faisant, Brigitte se sent brimée. Qui plus est, ce mal-être peut nourrir un ressentiment envers son conjoint. D’autre part, si Brigitte décide d’établir elle-même ses règles de conduite et d’agir naturellement, Jean-Michel pourrait s’offusquer. Elle pourrait alors expliquer ses choix à son conjoint en abordant le besoin fondamental de liberté. Brigitte pourrait aussi soutenir le besoin de Jean-Michel de se sentir libre. Dans ce cas-là, il aurait à décider s’il peut accepter ou non cette réalité.

Cela dit, la possibilité de perdre un conjoint peut être effrayante. En effet. Toujours est-il qu’être infidèle à soi-même mène à un risque encore plus grave: celui de ne pas sentir que l’on peut librement exprimer son essence.

Je vous présente maintenant ce qu’en pense Rainville, une auteure qui écrit sur ce sujet: «On devient soi-même en exerçant sa liberté, et en choisissant ses actes. Respecter la liberté de l’autre parce qu’on a foi en lui, c’est lui donner sa chance d’être lui-même.»¹

Passant outre à ma volonté d’être objective, j’ai choisi une auteure qui corrobore ma position. Pourquoi pas? Je suis libre! Honorons la liberté d’autrui!

Défi de la semaine

Si vous êtes en couple, je vous propose de discuter ensemble de la liberté que vous êtes prêts à vous accorder. Pas facile, j’en conviens. Si vous vous trouvez aux prises avec un long silence que personne n’ose rompre, voici quelques questions qui vous projetteront dans le vif du sujet: Est-il important pour chacun d’être maître de sa propre vie? Peut-on évoluer individuellement et en couple aussi? Est-ce que chacun est disposé à encourager son partenaire à être qui il veut être?

¹Rainville, C. (1990). Vivre en harmonie. Québec: F.R.J., p.197.