La solidarité d’abord

Contrairement au gouvernement minoritaire de Justin Trudeau qui a mis en place un comité spécial du cabinet sur le coronavirus, Fredericton devant la gravité de la situation a décidé d’élargir le sien aux partis politiques représentés en Chambre. Le premier ministre Blaine Higgs est entouré des ministres de la Sécurité publique, de la Santé, du Développement social, de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, et enfin des chefs des partis libéral, vert et de la People’s Alliance.

C’est ce comité à la surprise de plusieurs qui s’est entendu pour faire adopter à toute vapeur le nouveau budget provincial. C’est une première dans l’histoire politique de la province. Un projet de loi pour repousser les élections municipales de mai a reçu l’assentiment de l’Assemblée législative sans problème.

On sent que l’heure n’est pas à la partisanerie politique, mais plutôt à la solidarité. Cette entente cordiale entre les partis politiques du Nouveau-Brunswick devrait durer le temps de la gestion de la crise du coronavirus. Bien malin qui peut prévoir quand les choses vont revenir à la normale.

Les nombreux dégâts provoqués par le coronavirus sur les plans humain, de la santé, et économique pourraient se faire sentir pour les prochaines années. Cette plongée dans l’inconnu va mettre à rude épreuve le monde tel que nous le connaissions.

Il serait fort étonnant que le gouvernement Higgs puisse tenir dans un proche avenir des consultations concernant le système de santé de la province. Le statu quo devrait prévaloir pour un bon moment. La stratégie en immigration face au vieillissement de la population est également dans l’impasse avec la fermeture de nos frontières.

Les petites et moyennes entreprises de la province seront touchées de plein fouet par cette crise sanitaire. Plusieurs seront acculées à la faillite si les divers paliers de gouvernements ne mettent pas en place des mesures énergiques pour leur sauvegarde.

Comme l’écrivait feu le poète Gérald Leblanc dans une chanson emblématique du groupe 1755, le monde a bien changé. Il ne s’est surement pas douté à l’époque d’écrire ces paroles prophétiques à quel point cette crise mondiale du coronavirus va tous nous marquer profondément.

La chute importante des prix mondiaux du pétrole sera profitable aux consommateurs, mais pourrait s’avérer critique pour plusieurs provinces canadiennes productrices. On peut songer à Terre-Neuve et Labrador dont les finances publiques sont précaires et pourrait être acculé à la faillite.

L’Alberta, qui envoie des milliards de dollars à Ottawa afin de soutenir la péréquation et les transferts de paiements aux provinces moins riches, aura avec la chute brutale de ses revenus provenant du secteur du pétrole de la difficulté à retourner vers des budgets non déficitaires. C’est l’ensemble du pays qui sera prolongé dans une récession.

Les générations d’après la Seconde Guerre mondiale devront tout comme celles qui l’ont précédé faire preuve de résilience. Elles devront tourner le dos aux nombreux dirigeants populistes qui ont émergé un peu partout à travers le monde au cours des dernières décennies.