En français svp

L’unilinguisme anglais de notre premier ministre était de retour à l’avant plan de l’actualité cette semaine alors que Blaine Higgs s’adresse quotidiennement à la population lors de ses points de presse sur la COVID-19 diffusés en direct sur le web. Pour de nombreux francophones, l’interprétation simultanée qui leur permet d’entendre les propos de M. Higgs dans leur langue n’est tout simplement pas suffisante en période de crise.

Pour les habitués des coulisses de la politique néo-brunswickoise, le déroulement de ces points de presse n’a malheureusement rien d’étonnant. Les gouvernements progressistes-conservateurs et libéraux successifs sont tous coupables d’avoir organisé des conférences de presse en présence uniquement de porte-parole anglophones. L’interprétation simultanée n’est pas offerte lors des conférences de presse «ordinaires» qui ne sont pas webdiffusées pour la population. Les mêlées de presse à l’Assemblée législative après la période de questions ne sont aussi évidemment pas traduites. À ce que je sache, les rencontres à huis clos du cabinet, des caucus des partis et de certains comités législatives ne bénéficient pas non plus de l’interprétation simultanée.

Je ne partage pas ces faits pour excuser qui que ce soit, mais pour permettre aux lecteurs de se faire une opinion en toute connaissance de cause.

Des journalistes francophones, dont votre humble serviteur, ont été apostrophés par des internautes cette semaine pour avoir poser leurs questions en anglais au premier ministre. J’ai la ferme conviction que les francophones méritent la même information de qualité que leurs concitoyens anglophones et je suis prêt à faire tout le nécessaire pour qu’ils l’obtiennent dans leur journal.

Qu’on le veuille ou non, ces jours-ci à Fredericton, cela signifie parfois poser ses questions en anglais pour être capable de bien informer les Acadiens en français. (C’est d’ailleurs la même logique qui explique que les journalistes québécois posent leurs questions en anglais aux ministres unilingues à Ottawa.) Ceux qui veulent que ça change devront faire entendre leur mécontentement dans les urnes au lieu de s’en prendre aux journalistes.