COVID-19: ne négligez pas les autres symptômes

Jamais. Jamais une actualité dans le monde n’a autant accaparé les médias ces dernières années. Que l’on soit plutôt radio, télé, ou presse écrite, impossible d’y échapper. L’actualité sur le nouveau coronavirus est partout. Il faut dire qu’avec la fin des compétitions sportives et la mise en suspens des scrutins électoraux, les journalistes n’ont plus grand chose à se mettre sous la dent. C’est la pénurie!

Mais cette pénurie d’informations diversifiées en cache une autre. Plus inquiétante. Il s’agit de celle rencontrée par les médecins lors de leurs consultations. Que ce soit aux urgences, ou dans les cabinets de ville, les patients ne semblent plus avoir qu’un seul motif de déplacements: les symptômes liés à la COVID-19.

De ce fait, beaucoup de professionnels de santé s’inquiètent déjà d’un risque de surmortalité non lié au nouveau coronavirus. Entendez bien ce message amis lecteurs, même si le virus nous inquiète tous beaucoup, n’oubliez pas que les autres maladies ne sont pas en pause actuellement. Ainsi, le moment n’est pas venu de négliger les autres symptômes et continuez d’aller voir votre professionnel de la santé si vous avez des inquiétudes liées à votre santé.

Prenons l’exemple d’un médecin qui nous raconte son expérience sur le réseau social Twitter: «Jeudi, un patient n’a pas voulu me déranger à cause du contexte sanitaire. Résultat, sa femme m’apprend qu’il est hospitalité, AVC sévère»

Et ce médecin de famille de marteler: «La continuité des soins! Ce virus n’est pas tout. On continue de tomber malade d’autres choses… Appelez votre médecin. Take care +++» Autre exemple emblématique, plusieurs hôpitaux de la région montréalaise qui signalent n’avoir jamais vu un taux d’occupation-civières aussi bas dans leur service d’urgence.

Une réticence à aller consulter qui touche la planète entière. Chez nos cousins français, depuis le début du confinement, le CHU de Bordeaux constate une baisse importante d’activité aux urgences, notamment vasculaire où 50% de patients en moins se présentent pour des AVC.

Les neurologues français craignent que les patients évitent de venir de peur d’être contaminés par la COVID-19, ce qui peut avoir des conséquences très graves.

Pour rappel, l’accident vasculaire cérébral (AVC) survient lorsque la circulation sanguine dans une partie du cerveau est interrompue. Les cellules cérébrales situées dans la zone blessée sont alors endommagées ou meurent. Il constitue la troisième cause de décès au Canada et se classe au dixième rang pour les années de vie corrigées de l’incapacité [nombre d’années perdues en raison d’une mauvaise santé, d’une incapacité ou d’un décès prématuré].

Au Canada, environ 741 800 adultes âgés de 20 ans ou plus vivraient avec les conséquences d’un AVC, d’après des estimations de Santé Canada. Cela correspond approximativement à la population du Nouveau-Brunswick.

Alors, pour apprendre facilement les signes de l’AVC, retenez ce petit mémo facile composé des lettres du mot VITE:

Visage – Est-il affaissé?

Incapacité – Pouvez-vous lever les deux bras normalement?

Trouble de la parole – Trouble de prononciation?

Extrême urgence – Composez le 9-1-1.

Par ailleurs, retenez également les choses à ne pas faire si vous avez ces symptômes: vous allonger pour vous reposer, attendre que les symptômes disparaissent, attendre que la douleur passe puisqu’un AVC peut être totalement indolore.

Pour conclure, allez à l’hôpital même si plus de quatre heures et demie se sont passées ou que vos symptômes ont disparu. Si vous avez subi un mini-AVC, les symptômes disparaîtront dans les 24 heures. Mais vous devez tout de même vous rendre à l’hôpital. Bref, pour résumer, la période n’est pas à l’imprudence. Il n’y a pas que la COVID-19 dans la vie. Bonne semaine et faites attention!