COVID-19: Donald Trump mange son chapeau… et son masque

La fièvre, la toux, une gêne respiratoire, des courbatures sont les symptômes bien connus de la COVID-19. Mais un autre symptôme, très fréquent également, a été récemment identifié.

Venus du monde entier, de nombreux signalements émis par des otorhinolaryngologistes (ORL) font état de perte d’odorat (et de goût) chez des patients infectés par le nouveau coronavirus. À ce sujet, peut-être faudrait-il entendre le médecin de Donald Trump. Car une chose est sûre, même si le président américain répète à tout-va qu’il n’est pas infecté, il manque pas mal de flair en ce moment.

Après avoir nié pendant très longtemps le risque de déferlement du virus dans son pays, le locataire de la Maison-Blanche n’a cessé de braver les interdits. Au point de se moquer des gestes barrières: non-respect de la distanciation physique, poignées de mains viriles comme il aime, le milliardaire semble vivre sur une autre planète. Sous l’œil des caméras, les téléspectateurs n’ont rien raté de son déni sanitaire.

Mais l’épidémie qui s’abat aujourd’hui tristement sur son sol vient de lui faire manger son chapeau. Et son masque. Puisque le gouvernement américain a subitement changé d’avis sur la question. Désormais, il est recommandé à tous les Américains d’en porter un.

Et s’ils n’en trouvent pas, le président Trump leur conseille de saisir tout ce qu’ils ont sous la main: une écharpe, un foulard, un bout de tissu ou même un bandana. Mais couvrez-vous le visage bon Dieu!

Pourtant, tous les jours depuis un mois, le président américain a martelé inlassablement l’inverse. C’était sans compter sur les dernières conclusions des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d’Atlanta, qui ont eu raison de son scepticisme.

Les CDC révèlent maintenant que des personnes sans symptômes ont bel et bien transmis le virus. Comment? Simplement en parlant, par l’air expiré en somme (en aérosol selon le jargon scientifique). Malgré cette mise à jour, Donald Trump ne veut pas perdre la face. Quelqu’un dans son entourage devrait lui rappeler qu’il n’y a que les sots qui ne changent pas d’avis. Ainsi, le président américain clame à présent que le port du masque n’est pas obligatoire… mais souhaité. «C’est une recommandation… pas une obligation», a-t-il rectifié.

Vous devinez donc sans surprise quel camp il a choisi. Celui de ceux qui ne porteront pas de masque bien évidemment. On imagine tout de même que, s’il tombe malade, le président américain sera aussi dans un camp. Celui des Américains qui ont la chance de pouvoir se soigner sans compter leurs sous. Pour beaucoup de nos voisins du sud, il semble loin (et sans doute regretté) le temps où un chef d’État démocrate promettait une assurance maladie à tous ses concitoyens.

Pour terminer sur les masques, une étude de dernière minute publiée dans Nature Medicine vient encore de démontrer leur efficacité pour freiner la propagation des maladies infectieuses, dont la COVID-19.

Cette recherche de l’Université du Maryland et de l’Université de Hong Kong menée chez 246 personnes montre que de minuscules gouttelettes aérosolisées peuvent se diffuser dans l’air. Cela veut dire qu’il est possible de contracter la COVID-19 non seulement en étant exposé à la toux d’une personne infectée, mais également en inspirant simplement le souffle d’une personne à proximité qui est contaminée. Qu’elle présente ou pas des symptômes.

Résultat, chez 111 personnes touchées par le coronavirus et le virus de la grippe, les masques ont réduit considérablement le virus détectable dans les gouttelettes respiratoires et les aérosols.

«La capacité des masques chirurgicaux à réduire les coronavirus saisonniers dans les gouttelettes respiratoires et les aérosols implique que ces masques peuvent contribuer à ralentir la dissémination de la COVID-19», conclut cette équipe de chercheurs.

En effet, bien que l’expérience ait eu lieu avant la pandémie actuelle, les chercheurs rappellent que le nouveau coronavirus et les coronavirus saisonniers sont étroitement liés et ont une taille identique. Ces données justifient plus que jamais les usages et les recommandations en place en Chine, à Hong Kong ou à Singapour.

Face à cette dernière publication, libre à vous de choisir en qui vous avez confiance. Pour ma part, je préfère suivre la voie des experts indépendants en santé. Une discipline dans laquelle Donald Trump montre de jour en jour ses limites. Espérons que le système de santé américain et son armée de soignants réussiront à repousser les leurs.

Pour rappel, aux États-Unis, la COVID-19 pourrait tuer jusqu’à 240 000 Américains… selon des modèles de la Maison-Blanche.