Dangerous Lies: aussitôt écouté, aussitôt oublié

Netflix récidive. Au cours des dernières années, le géant du divertissement en ligne nous a prouvé qu’il était en mesure de recruter certains des plus grands comédiens de l’industrie. Malheureusement, beaucoup trop souvent, ces gros noms se retrouvent mal entourés dans des films qui n’ont rien de mémorable. C’est une fois de plus le cas avec Dangerous Lies.

Mariés depuis peu, Katie (Camila Mendes) et Adam (Jessie T. Usher) tentent de survivre dans le monde des adultes. La jeune femme prend soin d’un charmant (et très riche) aîné, Leonard, pendant que son mari se cherche du travail.

Un jour, les événements se précipitent. Leonard est retrouvé mort, Adam découvre 100 000$ en petites coupures dans le grenier de la résidence du défunt et Katie apprend qu’elle est la seule héritière du vieil homme.

La police, qui suspecte une arnaque, amorce une enquête. L’étau se resserrera davantage sur Katie et Adam quand ils découvrent des diamants bruts ainsi qu’un cadavre dans un cabanon situé sur leur nouvelle propriété.

Et il y a cet agent immobilier un peu louche qui est prêt à tout pour mettre la main sur la magnifique demeure de Leonard…

Héroïne passive

Au cours des années, plusieurs comédiens de renom ont accepté de tourner dans des films produits par Netflix.

On peut penser à Chris Hemsworth et à Forest Whitaker, mais aussi à Jennifer Aniston, Ben Affleck, Will Smith et Sandra Bullock.

Cette fois, c’est au tour de la vedette de Riverdale, Camila Mendes, de se prêter au jeu. Et force est de constater que l’Américaine âgée de 25 ans n’est qu’un appât pour attirer la légion de mordus de la série adaptée d’Archie Comics.

Rarement aura-t-on vu au cinéma une héroïne aussi passive. Pendant que les mystères et les dangers se multiplient, Katie subit sans que ses actions aient la moindre incidence sur le récit. Elle se limite à être une espèce de boussole morale, ce qui devient rapidement lassant.

Des irritants

Dans le style, Dangerous Lies est un divertissement convenable, mais facilement oubliable.

Même s’il est assez prévisible, le film parvient à nous faire cogiter par moment.

Par contre, certains éléments du récit ne tiennent pas la route. Des irritants et des trous qui servent à épaissir le mystère, mais qui minent drôlement le réalisme et la crédibilité de l’oeuvre.

Dommage que le scénario n’aie pas été davantage poli, parce que Dangerous Lies avait un certain potentiel.

 

Furie: très dérangeant

«Certains hommes veulent simplement regarder le monde brûler.»

Ces paroles sont celles d’Alfred Pennyworth au sujet du Joker dans The Dark Knight (2008).

Elles nous rappellent que tous n’ont pas un agenda ou un plan et que se délecter de l’horreur née de leurs actions suffit à rendre ces anarchistes heureux.

Des paroles qui résument également parfaitement les motivations des antagonistes et des créateurs du film français Furie (Get In; Netflix), une oeuvre profondément dérangeante dont l’unique but semble de choquer.

Des parasites

Furie, du réalisateur Olivier Abbou (Madame Hollywood) raconte l’histoire d’un couple et de leur enfant qui, à leur retour d’un voyage qui a duré deux mois, découvrent que leur maison est habitée par une autre famille.

Pour des raisons très nébuleuses, la justice française ne semble pas en mesure de leur venir en aide.

Leur plan de s’associer à des voyous de bas étage pour reconquérir leur maison de force tournera toutefois au désastre…

Une première heure chaotique

À l’instar de bien des suspenses, la première partie de Furie est une lente introduction. Scénaristes et réalisateur y mettent en place les éléments qui culmineront par l’explosive finale.

Malheureusement, dans le cas qui nous intéresse, la première heure est pour le moins erratique.

Il est extrêmement difficile de croire que les propriétaires légitimes d’une maison soient sans recours judiciaires pour récupérer leur demeure.

Le personnage principal, le mari prénommé Paul (Adama Niane) du couple exilé, n’est pas du tout attachant.

Le jeu des comédiens – dont celui de Niane – est de plus très inégal, ce qui est irritant.

La trame sonore et les allusions maladroites au racisme sont aussi toutes sauf subtiles.

Bref, c’est pénible et chaotique.

Exploitation

Les choses deviennent beaucoup plus intéressantes au début de la deuxième demie. L’intensité grimpe d’un cran et les enjeux deviennent clairement définis.

Tout part toutefois rapidement en vrille quand Furie se transforme en vulgaire film d’exploitation.

On assiste à une véritable descente aux enfers et on est témoin du pire que l’humain peut infliger à son semblable. C’est tordu, sinistre, sadique et totalement gratuit.

Je n’ai rien contre le fait d’être mal à l’aise lors d’un film. Pourvu que la scène en question me fasse réfléchir ou me conscientise.

Ce n’est malheureusement pas le cas avec Furie. On sent plutôt que les créateurs de l’oeuvre ont tenté de mettre en scène le pire carnage jamais tourné pour ensuite se délecter de l’indignation que cela suscite…