Un non temporaire aux travailleurs étrangers

En temps normal, les travailleurs étrangers temporaires sont les bienvenus au Nouveau-Brunswick. Nous en accueillons environ 2000 chaque année.

Mais comme les autorités provinciales et nationales nous le répètent tous les jours, nous vivons une nouvelle normalité et beaucoup de choses ont changé.

À plusieurs reprises, j’ai vanté les mérites de l’immigration pour aider notre province à se développer et à enrichir son tissu multiculturel. Je rappelais aussi que si nous voulons continuer d’offrir des services de qualité à nos enfants et à nos petits-enfants, il nous faudra remplacer plusieurs de nos travailleurs et entrepreneurs par de nouvelles générations issues de l’immigration.

Le taux de natalité étant plus faible que le taux de mortalité, il nous faut donc ouvrir nos portes toutes grandes aux immigrants, et ce, peu importe leur provenance ou la couleur de leur peau. J’y crois toujours.

Cependant, je crois qu’il est plus sage, durant la pandémie, d’interdire l’entrée à de nouveaux travailleurs temporaires étrangers.

Il y a deux semaines, la province interdisait l’entrée à 175 travailleurs temporaires mexicains qui auraient été embauchés dans les usines à poisson de la province.

Comme l’ont rapporté les médias au cours des derniers jours, le virus de la COVID-19 a été importé au Canada par des gens ayant voyagé à l’étranger, autant en Asie, au Moyen-Orient, qu’en Europe et aux États-Unis.

Malheureusement, le virus fait aussi des ravages au Mexique et le taux d’infection y est assez élevé. Les mesures d’hygiène y sont quasi inexistantes et la plupart des résidents n’ont pas accès à des soins de santé adéquats.

Même si ces travailleurs en provenance du Mexique ont testé négatif à leur entrée au pays, ils pourraient quand même transporter le virus sur leurs vêtements et dans leurs effets personnels.

Je crois donc que le gouvernement provincial a eu raison de fermer les frontières de façon temporaire à ces travailleurs étrangers.

À mon avis, les propriétaires d’usines et d’exploitations agricoles doivent chercher d’autres solutions à leur manque d’employés saisonniers.

Des solutions qui tiennent compte de la pandémie.

Le gouvernement provincial vient justement de lancer un site web qui permet aux travailleurs et aux employeurs de se rencontrer et de pourvoir les postes vacants dans les usines à poisson et dans les fermes de la province.

Déjà vendredi, quelque 188 travailleurs et 54 employeurs s’étaient inscrits. De plus, une foire virtuelle de l’emploi aura lieu cette semaine.

D’autre part, pour attirer des travailleurs d’expérience, une usine de Bas-Caraquet a récemment offert un salaire de 21$ l’heure comportant une prime en raison de la COVID. Pourquoi les autres usines ne feraient-elles pas la même chose?

Des solutions plus permanentes existent aussi, comme la mécanisation de la chaîne de transformation et l’achat d’équipements de récolte spécialisés. Entre autres, nos propriétaires de bleuetières ont su innover et la cueillette se fait avec moins de labeurs qu’auparavant.

À mon avis, l’embauche de travailleurs étrangers devrait être l’ultime recours, après que toutes les autres solutions aient été épuisées. Et comme société, nous devrions pouvoir offrir mieux que ces emplois temporaires à faibles salaires pour attirer des immigrants dans nos communautés.

Par ailleurs, nous venons de passer deux semaines avec seulement deux nouveaux cas d’infection. Comme prévu, nous avons entamé vendredi la deuxième phase du déconfinement progressif.

La plupart des entreprises fermées en raison de la COVID-19 vont rouvrir leurs portes aujourd’hui, en respectant les mesures de distanciation, de lavement de mains et de désinfection.

Les chirurgies non urgentes et les soins de santé spécialisés (optométrie, massages, physiothérapie, dentistes) seront à nouveau disponibles.

La plupart des campings ouvriront leurs portes vendredi et les restaurants accueilleront à nouveau leurs clients, mais à capacité réduite.

Les regroupements de 10 personnes et moins sont permis à l’extérieur et à l’intérieur pour des occasions spéciales, comme les mariages ou les funérailles.

Si tout continue à bien aller, dans deux autres semaines, les salons de coiffure, les barbiers et autres services «à contacts étroits» pourront aussi rouvrir leurs portes.

Bon déconfinement et bonne semaine à tous.