La démocratie représentative face à la COVID-19

La démocratie représentative est mise à l’épreuve en ces temps de la COVID-19. Comment faire fonctionner un parlement lorsque les déplacements des députés sont limités ainsi que leur présence physique dans l’enceinte?

Nos élus doivent composer avec cette réalité tout comme de nombreux travailleurs obligés d’accepter le télétravail. Tout comme notamment les personnels dans les domaines de la santé et de la sécurité publique, nos élus peuvent-ils être considérés comme essentiel au bon fonctionnement de notre société?

Pour le député de Kent-Nord, Kevin Arseneau, la réponse est oui. Les élus constituent un maillon essentiel pour la bonne santé de notre démocratie représentative. Il n’est pas dans l’intérêt public de museler les partis d’opposition dont le rôle est précisément de demander des comptes au gouvernement en place.

Notre système parlementaire repose sur des traditions bien établies. L’enceinte parlementaire est un lieu sacré où les députés peuvent interpeller le premier ministre et ses ministres concernant leur gestion de dossiers importants. Les élus y jouissent d’une immunité qui leur permet d’être à l’abri de poursuites de tous genres devant les tribunaux.

Il est illusoire de croire qu’un parlement virtuel puisse être un substitut à des débats en personne. La lutte contre la COVID-19 ne doit pas être un prétexte pour affaiblir nos institutions représentatives. Heureusement notre situation n’est en rien comparable à certains pays où des autocrates peu scrupuleux en profitent pour accaparer tous les pouvoirs.

On peut penser à la Hongrie, dont la fragile démocratie, qui a été mise en place après l’effondrement du communisme, a basculé à toutes fins utiles dans un régime dirigé d’une main de fer par son premier ministre. Vicktor Orbàn a profité de la crise du coronavirus pour se faire attribuer par son parlement tous les pouvoirs afin de gouverner par décrets.

La COVID-19 va permettre de tester la vigueur de nos institutions démocratiques. L’heure n’est pas encore au bilan au Canada. Toutefois, on sait déjà que l’Assemblée législative à Fredericton tourne au ralenti et de manière expéditive. Le dernier budget a été adopté à toute vapeur un vendredi après-midi.

La décision controversée d’interdire l’entrée dans la province de travailleurs étrangers n’a pas pu être questionnée dans l’Assemblée. Le premier ministre Higgs n’a pas été convaincant dans ses réponses. La menace à la santé publique de ces travailleurs étrangers n’a pas été démontrée.

Face à une levée de boucliers du monde de l’agriculture et des pêcheries, le gouvernement Higgs a improvisé un programme pour recruter en urgence des travailleurs de la province pour combler le manque de main-d’œuvre criant dans les usines de transformations des produits de la mer. Il faudra voir si cette décision de la onzième heure pourra porter fruits.

Pour Blaine Higgs, les agriculteurs pourront se consoler à l’idée de ne pas pouvoir cette année compter sur l’aide précieuse des travailleurs étrangers en misant plutôt sur la bonne volonté des Néo-Brunswickois. Tant qu’à faire, pourquoi pas une corvée provinciale en raison de la COVID-19!