Télétravail et confinement: le rôle essentiel du gestionnaire

Actuellement, le télétravail rend la tâche du gestionnaire plus complexe pour deux raisons: celui-ci est lui-même un télétravailleur, obligé de travailler à son domicile, mais il est aussi responsable de l’encadrement à distance de son équipe.

Avec ou sans télétravail, le gestionnaire doit faire respecter les règles et attentes de la haute direction, mais aussi être à l’écoute des besoins de ses employés, tout en s’assurant du bon accomplissement de leurs missions.

Mais le travail à distance amène en plus le gestionnaire à modifier ses habitudes et modes opératoires. Le télétravail accroît l’autonomie du télétravailleur (souplesse des horaires et de l’organisation de travail; choix du lieu), mais les missions à réaliser, tout comme les délais à respecter, lui sont imposés.

Gérer à distance, ce n’est donc pas se désengager, mais encadrer autrement. Le gestionnaire doit avoir des contacts réguliers (plusieurs fois par semaine) avec chaque membre de son équipe. Il doit fixer, en concertation avec chaque employé, les objectifs et les résultats qu’il doit atteindre au cours de la semaine, puis les vérifier. Il doit aussi se rendre disponible afin d’aider ses collaborateurs en leur fournissant des explications complémentaires et en leur prodiguant des conseils.

Il doit aussi faire preuve de patience et se montrer rassurant (encourager, féliciter) avec chaque membre de son équipe. Pour lutter contre l’isolement de certains télétravailleurs, le gestionnaire doit organiser des réunions d’équipe par visioconférence (au moins une fois par semaine).

Ces réunions régulières offrent aussi un rythme de travail tout au long de la semaine aux télétravailleurs et leur rappellent qu’ils appartiennent à une équipe de travail. Ils peuvent alors échanger avec leurs collègues sur des thématiques professionnelles, mais aussi sur les défis du télétravail, notamment en cette période de confinement.

Ces rencontres ont également un but de socialisation, les employés comprennent qu’ils sont autonomes dans leur travail, mais qu’ils ne sont pas seuls et livrés à eux-mêmes. Le gestionnaire développe avec son équipe une relation à distance qui repose sur la convivialité, l’écoute, la communication et une confiance mutuelle. Dès lors, le télétravail renforce aussi l’aspect qualitatif des missions du gestionnaire.

Il faut également considérer le télétravail comme une possibilité pour chaque gestionnaire d’adapter ses propres méthodes d’encadrement à distance en fonction de sa personnalité, mais aussi selon chacun des membres de son équipe.

Le télétravail offre un encadrement individuel et personnalisé avec des suivis moins nombreux qu’en présentiel, mais plus adaptés aux besoins et aux intérêts de chacun. Dès lors, un encadrement à distance demande un investissement en temps et en quantité de travail important pour le gestionnaire.

En période de confinement, le travail du gestionnaire s’intensifie. Il doit donc être tolérant avec lui-même et s’accorder des temps de pause et de déconnexion. La haute direction de chaque organisation a aussi sa part de responsabilité. Elle doit développer des mesures d’accompagnement et de soutien de chaque gestionnaire afin d’éviter une détérioration rapide, mais aussi plus intense de leur propre santé mentale.