Capone: ennuyeux et inutile

Au moins une dizaine de films ont été tournés sur le célèbre gangster américain Al Capone. Je n’ai pas la prétention de tous les avoir vus, mais il est clair dans mon esprit que le plus récent en date, Capone, est le plus inutile et le plus ennuyeux du groupe.

Al Capone s’est élevé au rang de chef de la pègre de Chicago à l’époque de la prohibition.

Selon les recherches du Chicago Day Tribune, Scarface, comme il était surnommé, aurait commandité ou exécuté le meurtre de 33 personnes, dont sept lors du tristement célèbre massacre de la Saint-Valentin, en 1929.

Le FBI n’a jamais pu prouver l’implication de Capone dans ces meurtres, mais est tout de même parvenu à le coincer pour évasion fiscale.

En 1931, le gangster a été condamné à 11 ans de prison. Il a été relâché pour des raisons de santé après huit ans, ses capacités mentales et physiques étant lourdement affectées par une syphilis contractée à l’adolescence.

En 1946, Capone s’est installée avec sa famille élargie dans un luxueux domaine à Palm Island, en Floride.

Il mourut un an plus tard. C’est cette dernière année de vie, alors que l’ancien chef de la pègre n’est plus qu’une épave soi-disant hantée par les remords, que Capone relate.

Prometteur

Tourné avec un budget de 20 millions $, Capone devait être lancé en salle ce printemps. La pandémie a changé les plans de Vertical Entertainment qui a finalement opté pour rendre l’oeuvre en location sur plusieurs plateformes en ligne.

Le film semblait prometteur, principalement en raison de la présence du toujours excellent Tom Hardy (Mad Max: Fury Road, The Dark Knight Rises) dans le rôle principal.

J’étais aussi curieux de voir si le réalisateur Josh Trank (Chronicle) serait en mesure de laver sa réputation après l’échec monumental qu’a été Fantastic Four en 2015 et son mystérieux congédiement de la saga Star Wars.

Inutile
Malheureusement pour Trank, ce n’est pas avec Capone qu’il retombera dans les bonnes grâces de Hollywood.

Son film est un horrible gâchis truffé de présomptions et d’hallucinations sans queue ni tête (qui peut en effet présumer de ce qui se passait dans le cerveau malade d’Al Capone, au crépuscule de sa vie).

C’est long et ennuyeux, Hardy y grogne plus qu’il y parle et la qualité des maquillages y est d’une gênante inconstance.

À moins que vous ayez rêvé toute votre vie de voir un homme sénile, à la couche avec un bout de carotte dans la bouche s’imaginer tirer sur tout ce qui bouge avec un fusil plaqué or, je vous conseille fortement de revoir l’infiniment supérieur The Untouchables (1987).

 

Spaceship Earth: une belle occasion ratée

Quand l’être humain colonisera l’espace, sera-t-il en mesure de créer une structure habitable autosuffisante qui répondra à ses besoins en oxygène, en nourriture et en eau? C’est la question que se sont posée des penseurs à la fin des années 1980. Spaceship Earth (Hulu) documente leurs efforts.

Si la qualité du documentaire, qui dure près de 120 minutes, laisse à désirer, le sujet auquel il s’attarde, lui, est fascinant.

On fait la connaissance d’une bande de personnages singuliers qui, dans les années 1970, vivent en communion sur un ranch en Arizona.

Ces gens sont des rêveurs, des idéalistes et des utopistes, mais ils sont aussi dans l’action. Au cours des années, ils ont mis sur pied diverses entreprises écologiques un peu partout dans le monde.

Petit à petit, le projet de biosphère fait son chemin dans leur esprit. Craignant pour l’avenir de la planète et de ses ressources, ils souhaitent créer une reproduction à petite échelle de l’écologie de la Terre – un genre d’Arche de Noé vivante dans lequel des animaux et des plantes vivraient dans des environnements contrôlés identiques à ceux de la planète.

Grâce au financement d’un milliardaire qui voit dans le projet un potentiel pour la lucrative industrie de l’exploration spatiale, Biosphère 2 voit le jour au coût de plus de 200 millions $.

En 1991, huit scientifiques se sont enfermés dans la structure pendant deux ans, cherchant à savoir s’ils pouvaient y être autosuffisants.

Rapidement, la nécessité de résultat des idéateurs a soulevé des doutes sur l’intégrité du projet.

Les médias ont aussi mis à jour certains scandales de sorte que ce qui devait être une immense avancée pour la recherche s’est transformé en un des plus grands subterfuges de l’histoire de la science.

Occasion ratée

L’expression «occasion ratée» s’applique autant au projet Biosphère 2 qu’au documentaire qui en fait état.

Tout d’abord, Spaceship Earth passe beaucoup trop de temps à nous présenter les idéateurs du projet, probablement parce que ces gens sont les seuls qui ont accepté de témoigner de ce fiasco dans le cadre du film.

Du temps qui aurait pu être mieux utilisé afin d’expliquer en quoi Biosphère 2 était un projet visionnaire alors que notre planète est aujourd’hui menacée par les changements climatiques, la surpopulation et la surexploitation des ressources.

Je m’explique aussi très mal l’absence de conclusion du documentaire, comme si la fin avait été montée en vitesse. Le film se termine et laisse le spectateur avec énormément de questions sur les résultats de l’expérience et ce qu’il est advenu des huit participants.

Au final, le projet Biosphère 2 est beaucoup plus intéressant que Spaceship Earth.

Le documentaire n’a en effet pas le fini, la cohésion et la grandeur nécessaire pour correctement dépoussiérer un des pans les plus fascinants de l’histoire moderne de la science.