Cardy le franc-tireur

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick a donné à ses collègues politiciens une véritable classe de maître en matière de communication cette semaine. Durant sa conférence de presse sur la réouverture des garderies éducatives, jeudi, Dominic Cardy a été franc et direct sans essayer de cacher quoi que ce soit ou de manipuler qui que ce soit.

Oui, les services de garde doivent avant tout rouvrir pour permettre la reprise des activités économiques, a-t-il dit d’entrée de jeu. Oui, il existe un certain risque de transmission de la COVID-19 dans les garderies, a-t-il admis, mais toutes les mesures nécessaires seront prises afin de réduire ce risque au maximum.

Malgré la directive du ministère, les exploitants de services de garde n’ont pas à ouvrir dès mardi s’ils estiment qu’ils ne sont pas encore prêts à affronter la nouvelle réalité imposée par le coronavirus. Les parents ne sont pas non plus obligés d’envoyer leurs enfants à la garderie s’ils trouvent la situation trop risquée.

M. Cardy a-t-il raison de rouvrir les garderies maintenant? Fait-il courir trop de risques aux éducatrices, aux enfants et à leurs familles? Chacun est libre de se faire une opinion en toute connaissance de cause parce que le ministre a été clair et honnête.

Le franc parlé de Dominic Cardy l’a déjà mis dans l’embarras à plus d’une reprise, mais cette fois-ci, le public qui en sort gagnant.

Fait rare en matière de communication gouvernementale, le ministre était accompagné durant sa conférence de presse par une fonctionnaire capable de répondre aux questions plus techniques des journalistes.

Dominic Cardy et Nicole Gervais ont répondu à chaque question dans la langue dans laquelle elle avait été posée avant de répéter systématiquement leurs réponses dans l’autre langue officielle. Pendant le temps d’une conférence, on se serait presque cru dans une province bilingue.

Espérons que plusieurs politiciens retiendront des leçons de la conférence de M. Cardy.