Le bien commun

Au Canada et dans notre région, la panique autour de la COVID-19 commence à s’estomper. Si la vigilance reste de mise et le confinement encore en place (chez moi), on sent un apaisement s’installer, une normalisation de la prudence. Reste à attendre le vaccin – en espérant qu’assez de gens accepteront de le recevoir.

Parce qu’il est un virus qui m’inquiète plus que la COVID-19 et qui nous menace toutes et tous indirectement, c’est le refus global: refus de la réalité et des faits, refus de l’expertise et du savoir, refus de l’autorité, refus du bien commun, en bref, refus des fondations mêmes de nos sociétés.

Nos médias sociaux en pullulent: Bill Gates soi-disant aux commandes de l’OMS, la 5-G cause du virus, l’Hydrochloroquine remède miracle que nos gouvernants nous empêchent de prendre, le complot des compagnies pharmaceutiques, la liste s’allonge de jour en jour des théories les plus folles. Invoquez la science, les faits, la vérification des données, et on vous accuse d’aveuglement. Quand quelqu’un annonce ne pas vouloir d’un vaccin contre le virus préférant se fier à son système immunitaire, inutile d’expliquer qu’un vaccin est, justement, une manière de stimuler notre immunité. Surtout pas! C’est que vous n’avez rien compris. Et ces positions viennent parfois de gens aussi ou plus instruits que vous et moi, ils sont nos voisins et amis.

Comment nos sociétés vont-elles pouvoir survivre si le réel, le raisonnement et la logique n’ont plus de valeur? Et si ces théories de complots – montés par l’industrie pharmaceutique ou pétrolière, par nos dirigeants et nos scientifiques – continuent à prendre de l’ampleur, à qui ferons-nous confiance?

Pour que nos sociétés fonctionnent et ne tombent pas dans des régimes totalitaires, il est indispensable de croire à l’intérêt général et à la raison. Ce n’est qu’ensemble qu’on atteindra l’immunité collective, que ce soit face à la COVID-19 ou aux autres menaces qui pèsent sur nous. Franchement, c’est mal parti!