1200e chronique!

Fait longtemps que j’ai pas parlé de notre belle langue «françoise», comme on disait au Moyen-Âge, han? Que j’ai pas parlé des nominations politiques unilinguales, ou du bilingualisme du Primieur Higgs, ou de la transcendance du franglais, pis que j’ai pas sublimé la couvarture acadienne du Réseau montréalais d’information en cantinu de la Cibici françoise, han?

Ben, là, ma vieille langue maganée me démange.

Je vais donc enfiler mon masque de chroniqueur à risques, garder une bonne distanciation avec ce domaine bilingualistique confiné et me laver les mains comme Ponce Pilate avec du stoffe qu’on se lave les mains avec pour tuer les jarmes.

Pis je vais faire quatre brassées de lavage. Chanceux, va!

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Première brassée: l’histoire de la lieutenante royale de Fredericton qui serait d’apparence unilinguistique.

C’est plus comme dans le bon vieux temps de notre Hermé national à qui la Reine avait prêté sa couronne entre le 400e anniversaire de l’Acadie et le Congrès mondial de 2009, parce qu’A voulait pas être obligée de venir s’excuser en parsonne pour ses aïeux pendant que l’Acadie s’envoyait en l’air dans la Péninsule acadienne!

On l’a comprend, la pauvre Regina: à qui aurait-elle pu redonner ses troupeaux de vaches mortes pis ses terres brûlées en Nova Scotia en 1755, surtout au moment où l’Acadie était rendue à Miscou se délecter de houmard sua terrasse à Steve?

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Donc, la nouvelle Madame Windsor ne parle pas la françoise.

Je dis: So ouate!

J’ai surtout retenu qu’elle est la première parsonne «royale» de l’histoire du Niou-Brunswick à figurer publiquement dans l’alphabet LGBTQ. Pour une fois que cet alphabet reconstitué sert à mettre en valeur quequ’un en chair et en os, me semble que les queers, trans, bi-spirituels et leurs supposés Alliés, etcetera, auraient pu lui réserver un accueil royal, sinon à cause de sa job, du moins royal à cause de son exploit! (Bi-royal, ça se dit-tu?)

Bienvenuewelcome, Madam! Comme chu t’inclusif, je vous aime comme vous êtes! Car chu pour la diversité! (Ne pas confondre diversité et diverticulite. J’ai un ami qui a ça; y souffre le martyre. Ou, si vous préférez: y souffre, le martyr.)

En passant, Madam, s’il vous restait une vieille poche de terre acadienne du Grand Pré, je la prendrais pour rempoter mon vieux crassula qui a le mal du pays, sans savoir lequel. Marcitinkiou d’avance.

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Deuxième brassée: le fameux bilingualisme anglais-ourdou du Primieur Higgs.

Je dis: Bravo! Bravo!

Il est plus que temps qu’on montre à nos nouveaux arrivants du Pakistan, où l’ourdou est la langue officielle, qu’on est content de les avoir parmi nous! خوش آمدید chers amis!

Ok, ça s’écrit pas comme ça se prononce. La différence, c’est simplement l’incidence des nasales bilabiales sur les fricatives boisées, en tenant compte des spirantes murmurées uvulaires.

Ciel, encore des grands mots que je connais pas! Je me demande comment le Primieur Higgs a pu se mettre dans la tête d’apprendre quelque chose d’aussi compliqué pour parler à l’Acadie françoise quand tout ce qu’il a à faire, c’est faire ce que font pas mal d’Acadiens: se parler en anglais entre eux! Tout le monde la connaît, c’te langue-là!

‘Gardez comme c’est facile: Haouwe ariou? Tinkiou! Pitou?

Je vous le dis: c’est le fun et tique!

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Troisième brassée: bonne nouvelle pour le dialecte franglais!

Oui, j’en suis arrivé à la conclusion que si les gens sont si right fiers que ça de parler franglais, c’est leur affaire et c’est ben parfait! Même que ça peut être quite handy si qu’on va shâpper à Moncton, le client service est friggin awesome!

Des savants zé des savantes disant que les locuteurs franglais parlent ainsi parce qu’ils seraient traumatisés de leur merveilleux accent et de leurs supposées fôtes de françois.

Good Lord! Tout le monde en a un, un accent, un accint, un accont, pis c’est ben correct comme ça! L’accent, c’est un rayon de soleil qui vient caresser une lettre, un mot, un son, un san! Y a du soleil en masse pour tout le monde!

Faut juste pas confondre le soleil de «l’accent» acadien avec des nuages noirs d’assimilation qui, sous des cieux peu cléments, peuvent cacher le soleil.

Pour les fautes, techniquement ça n’existe pas une faute de langue parlée. On parle comme on veut et on parle comme on peut. Mais, tout comme avec les jeux vidéo, si quequ’un veut monter d’un niveau, ben faut qu’il se pratique! Aussi simple que ça.

Parler, c’est comme chanter: quand on fausse dans une langue, on fausse dans toutes les langues. Parole de rossignol!

Alors, tant qu’à fausser, faussons ensemble dans notre belle langue françoise!

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Quatrième brassée: l’information acadienne tout croche de la Cibici françoise.

Comment vous dire ça? Eh ben, je dis: proutte!

Pourquoi se faire du mal à tenter de rentrer dans la tête des dirigeants de la Cibici françoise que son Réseau d’information françois en cantinu fait coti en matière de francofunny canadienne, malgré quelques changements cosmétiques?

On a même eu des parsounnalités acadiennes qui ont eu des postes dans ces grosses institutions, avec gros perdièmes, toé, pis gros voyages en avion, air miles compris, pis quessé que ça a donné, pour parler populiste?

Quand les avez-vous entendus dénoncer publiquement quoi que ce soit à cet égard PENDANT leur mandat? Mieux: démissionner! Si ce fut le cas, je demande à être démenti aussi publiquement, preuves à l’appui.

Si j’ai tort, qu’on me brûle vif, sur un iceberg, au large de la Terra Nova! (Avec un peu de chance, le iceberg en fondant va éteindre le bûcher! Mais disez-lé pas à parsonne! Chuuutt…)

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Alors, que faire? Farmer ça, le RDI de la Cibici françoise? Ou recréer le Réseau d’information pan-canadien en conjuguant les ressources des antennes régionales françoises pour que toute la francofunny canadienne trouve à se dire dans tous ses accents et à se montrer sous toutes ses couleurs all day long?

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Well, il me reste une cinquième brassée: je vais me purrellifier la langue!

Han, Madame?