L’éclosion du Restigouche nous confronte à nos contradictions

«Saperlipopette, c’est pas vrai?!?»

C’est ce que j’ai dit quand j’ai su qu’il y avait une éclosion de COVID-19 dans le Restigouche.

Entre vous et moi, je n’ai pas dit «saperlipopette»; j’ai sacré comme un pirate.

Je n’en revenais pas. On l’avait aplatie, la fameuse courbe; zéro cas actif, zéro hospitalisation, zéro décès.

Pour une fois, le Nouveau-Brunswick tirait son épingle du jeu. On pouvait regarder le reste du pays et se compter chanceux d’habiter ici.

Mais un médecin a vraisemblablement tout foutu en l’air parce qu’il ne s’est pas isolé à son retour d’un voyage personnel au Québec.

Pas Joe Blo, mais un médecin! Comme bien des gens, ça m’a choqué.

J’ai fini par me calmer et par prendre un peu de recul pour penser à tout ça.

Je me suis rappelé que les scientifiques nous disent depuis longtemps que cette pandémie risque de nous frapper par vagues. Et qu’il faut rester sur nos gardes.

C’est plate à dire, mais l’accalmie a toujours été fragile. Le retour du virus n’était qu’une question de temps.

D’ailleurs, au lieu de se défouler sur le médecin – comme le font beaucoup de gens dans les réseaux sociaux – on devrait se calmer le pompon et réfléchir à nos propres comportements.

Parce que dans le fond, on sait tous que cette personne est loin d’être la seule à avoir enfreint les règles.

Faut pas se conter d’histoires: bon nombre d’entre-nous les ont contournées à un moment donné en se disant que ce n’était pas la fin du monde.

C’est peut-être aussi pour ça que l’éclosion du Restigouche fait autant réagir; elle nous confronte à nos contradictions.

Et elle nous fait comprendre que l’on était naïfs de penser que le Nouveau-Brunswick était à l’abri de la pandémie et que ce n’était pas grave de faire fi des règles de temps en temps.

Continuer à rouspéter ne nous donnera rien. Laissons la GRC mener son enquête, passons à autre chose et faisons notre part pour freiner ce mautadit virus.