Une lutte intéressante à la présidence de la SANB

Une lutte intéressante se déroule présentement à la présidence de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB). Elle met en vedette deux candidats relativement jeunes, Alexandre Cédric Doucet, âgé de 25 ans, et Mathieu Gérald Caissie, âgé de 35 ans.

En raison de la pandémie de la COVID-19, l’assemblée générale annuelle de la SANB se tiendra en ligne, le 23 juin. Les membres peuvent voter en ligne d’ici le 18 juin pour le candidat de leur choix.

Originaire de Beresford, Alexandre Cédric Doucet est étudiant en droit et détient un Baccalauréat en science politique de l’Université de Moncton.

Il a siégé sur plusieurs conseils d’administration, dont le Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton et la Coalition d’équité salariale. Il a notamment été président de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) et il est actuellement vice-président de la SANB.

La défense et l’avancement des droits linguistiques ainsi que l’accessibilité à l’éducation sont des sujets qui lui tiennent à cœur.

Dans le coin opposé, nous retrouvons Mathieu Gérald Caissie, originaire de Cocagne et double diplômé de l’Université de Moncton (B.A.A. concentration en finance et diplôme en droit). Il possède aussi un diplôme d’études supérieures spécialisées en ingénierie politique de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence.

Jusqu’en janvier dernier, il était fonctionnaire provincial et représentant du Nouveau-Brunswick auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie, à Paris.

Il a notamment été vice-président de la Fédération des jeunes francophones du N.-B., vice-président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française et conseiller jeunesse de la Société Nationale de l’Acadie.

Il y a deux ans, je participais comme observateur à l’AGA de la SANB, tenue à Caraquet. Alors âgé de 65 ans, je me retrouvais parmi les plus jeunes participants à ce congrès annuel. C’est bien que les personnes âgées s’intéressent et participent aux activités de nos organismes acadiens, mais il serait plus que souhaitable que la jeunesse acadienne s’y intéresse aussi.

Les délégués de 2018 ont préféré un candidat de 57 ans, Robert Melanson, aux deux candidats dans la trentaine, Nathan Dimitroff et René Éphestion.

Je suis impressionné par la campagne menée par Alexandre Cédric. Il fait surtout appel aux médias sociaux et suscite beaucoup d’intérêt auprès de la jeunesse acadienne. Il a entre autres réussi à attirer une centaine de nouveaux membres à la SANB.

Son approche est rafraîchissante et différente de que nous sommes habitués venant d’un candidat à la présidence. Il a publié un programme électoral et ne se gêne pas pour faire des suggestions concrètes sur les changements qu’il souhaiterait voir à la défense de nos droits linguistiques et aux structures politiques qui pourraient mieux encadrer la promotion et la défense des intérêts de la communauté acadienne.

Pour sa part, Mathieu Gérald a une approche un peu plus traditionnelle à la défense de nos droits. Il veut d’ailleurs créer un bureau satellite de la SANB à Fredericton pour se rapprocher des instances gouvernementales. Quant à la revendication de nos droits, son approche se situe dans la continuité.

Le candidat de la continuité en 2018, Robert Melanson, avait promis de mettre fin aux chicanes et de ramener au bercail les membres ayant claqué la porte après la crise interne de 2015-2016.

Difficile à dire s’il a réussi, mais son passage à la présidence semble avoir stabilisé la société et son conseil d’administration.

Il y a eu des cailloux sur son passage, comme la rencontre avec Brian Gallant lors d’un ralliement politique le 15 août, à Caraquet, et le récent projet pour que la SANB se fasse la police de la vérité sur la COVID-19 dans les médias sociaux. Mais dans l’ensemble, il a fait du bon travail.

Quiconque sera élu à la présidence devra travailler à dynamiser les membres de la Société et à s’assurer que ses dossiers prioritaires soient les mêmes que ceux de notre communauté. Il faudra aussi faire une plus grande place à notre jeunesse qui est seule garante de notre avenir comme communauté acadienne.

Bonne semaine à tous.