L’entraide nourrit l’entraide

Certains internautes ont tenté cette semaine, parfois assez maladroitement, de faire le lien entre la discrimination dont font l’objet les Noirs aux États-Unis et au Canada et ce que vivent parfois les Acadiens des Provinces atlantiques.

Il est important de souligner d’emblée que la situation des Acadiens n’a rien à voir avec celles des Noirs ou des Autochtones. Les Acadiens n’ont pas à craindre pour leur vie à cause de la couleur de leur peau lorsqu’ils sont en présence de la police, chez eux ou en voyage n’importe où ailleurs au Canada ou aux États-Unis.

Il est toutefois facile de comprendre pourquoi certains ont succombé à la tentation d’espérer tout haut qu’un jour nos concitoyens anglophones fassent preuve envers les Acadiens de la même solidarité qu’ils ont témoignée à la communauté noire cette semaine. Il est vrai qu’on s’imagine mal des centaines d’anglophones marcher dans les rues de la capitale provinciale pour réclamer que l’on mette fin à l’assimilation des francophones.

Malheureusement, en raison du moment très mal choisi, certains ont eu l’air de vouloir minimiser ce que vivent les Noirs en essayant de tirer un peu plus la couverture du côté des Acadiens.

Heureusement, la solidarité envers les Noirs, les Autochtones ou les Acadiens n’a pas du tout besoin d’être exclusive. Au contraire, l’entraide alimente l’entraide et l’empathie nourrit l’empathie. Aucune discrimination, petite ou grande, ne devrait être tolérée. Ce principe devrait s’appliquer autant aux groupes mentionnés plus haut qu’aux membres de la communauté LGBTQ+, aux personnes vivant avec un handicap et aux femmes en général.

En ce moment, ce sont les Noirs qui ont le plus besoin de notre appui et les Acadiens ne perdent absolument rien à les soutenir. Même s’ils n’ont pas encore atteint l’égalité réelle avec les anglophones, les Acadiens sont un groupe privilégié au Nouveau-Brunswick. Il ne faut surtout pas l’oublier, surtout lorsque l’on est confronté à d’autres qui n’ont pas la même chance.