Les Autochtones nous disent qu’il y a du racisme systémique. Écoutons-les!

Qu’est-ce que le gouvernement Higgs a à perdre en lançant une enquête publique sur le racisme systémique dans la police et dans le système judiciaire?

Des voix se sont fait entendre au cours des derniers jours pour demander cette enquête dans la foulée de la mort de Chantel Moore, tuée par un policier d’Edmundston au début juin.

Puis, vendredi soir – quelques heures à peine avant des marches de guérison pour honorer sa mémoire et réclamer justice – un autre Autochtone est tombé sous les balles de la police, près de Miramichi. Il s’appelait Rodney Levi.

Ces deux tragédies ont amené les médias et une partie de la population à s’intéresser à des problèmes de fond que connaissent les Autochtones depuis longtemps.

Je pourrais vous parler de politique, vous dire le racisme est un sujet sensible et que Blaine Higgs risque de se mettre à dos une partie de sa base en s’aventurant sur ce terrain miné.

Je pourrais vous dire que je ne suis pas convaincu que les Néo-Brunswickois sont prêts à parler franchement de racisme et à se faire dire en pleine face que tout n’est pas rose dans leur province paisible.

Mais dans le fond, tout ça compte bien peu.

Ce qui importe, c’est que nos concitoyens autochtones nous disent qu’il y a du racisme systémique au Nouveau-Brunswick. Nos concitoyens noirs nous disent d’ailleurs la même chose. Écoutons-les.

Financée adéquatement, réellement indépendante et dotée d’un mandat assez large, une enquête pourrait permettre d’identifier des problèmes et d’apporter des solutions.

On parle souvent de réconciliation avec les peuples autochtones. C’est bien beau de participer à des pow-wow, mais ça ne suffit pas.

Le gouvernement provincial a une occasion en or de passer de la parole aux actes, de se poser des questions difficiles et d’agir concrètement.

Qu’est-ce qu’il a à perdre? Et qu’est-ce que nous avons à perdre, collectivement? Pas grand chose, à part un brin de notre naïveté.