Restons solidaires des gens du Restigouche

C’est avec stupéfaction que nous apprenions la semaine dernière que des entreprises de la province interdisaient l’accès à leur commerce aux gens du Restigouche en raison de la mini-éclosion de COVID-19 dans la zone 5.

Nos régions étant voisines, il n’est pas rare que des Restigouchois viennent dans la région Chaleur pour des soins de santé spécialisés, visiter des membres de leur famille, faire des achats essentiels et même passer du temps dans un de nos campings saisonniers.

Je suis allé visiter le phare de Miscou avec mon amie la semaine dernière et personne ne nous a interdit l’accès à leur commerce ou demandé si nous venions de Campbellton. Il est aberrant que des commerçants de chez-nous le fassent.

Par contre, d’autres entreprises comme la Cantine à Zézette et l’Auberge d’Anjou à Petit Rocher ont indiqué que les Restigouchois étaient les bienvenus chez eux et que la sécurité y serait assurée pour tous leurs clients, et ce, peu importe leur lieu de résidence. Je les en félicite.

Tous les cas décelés à ce jour dans la zone 5 étaient des employés ou des résidents du Manoir La Vallée d’Atholville ou du personnel médical de l’Hôpital Régional de Campbellton.

Le virus ne semble pas s’être propagé dans la communauté.

Les chances que les gens des autres régions soient infectés par cette mini-éclosion sont donc minimes.

Il nous faut rester solidaires des gens du Restigouche et prier que le virus ne se propage pas dans leurs communautés. Ils sont nos amis, nos frères et nos sœurs… pas des ennemis!

D’autre part, les autorités provinciales ont annoncé samedi un deuxième décès relié à l’éclosion au Manoir La Vallée. Nos plus sincères condoléances à la famille éprouvée.

Par ailleurs, je trouve déplorables les propos du médecin de Campbellton qui est soupçonné d’avoir importé le virus du Québec dans son périple de 24 heures pour aller chercher sa fille dans la région de Montréal et qui ne s’est pas auto-isolé à son retour.

Contrairement à ce que son avocat avance dans sa lettre de 14 pages au premier ministre Higgs, ses patients et ses collègues de travail n’ont pas été infectés par un inconnu. L’enquête de la GRC nous en dira plus long, mais il est le seul à blâmer pour ne pas s’être isolé à son retour de la région avec le plus haut taux d’infection au pays.

Qu’il ait été le patient zéro ou non, des gens ont été infectés par le même virus que lui et sa fille portaient à leur retour du Québec.

Plutôt que de blâmer les autres, il devrait démontrer la même compassion envers ses patients et ses collègues infectés que nous envers lui et sa fille.

Dans un autre ordre d’idées, il y a de ces personnes que tu rencontres dans la vie et qui te marquent à jamais. Richard Losier, propriétaire de Saint-Isidore Asphalte, était de ce nombre.

Il s’est éteint la semaine dernière à l’âge de 84 ans.

Beaucoup a été dit sur sa générosité, son dévouement, sa passion et son flair entrepreneurial. Il était aussi un très bon père de famille autant pour ses enfants que pour ses 200 employés.

Quelques mois passés, alors que nous assistions à la même réunion, il me prit de côté pour s’informer sur l’expérience troublante que vivait un de ses employés de la région Chaleur à la suite du décès inattendu de son fils adolescent.

Non seulement s’était-il assuré qu’il soit en mesure de défrayer les frais funéraires, mais il s’inquiétait pour le mieux-être de son employé et de sa famille.

Richard Losier, l’humaniste et le bon père de famille, est probablement moins bien connu du public que l’homme d’affaires, le philanthrope et le mentor auprès des jeunes de la Péninsule acadienne.

Le leg qu’il laisse à la Péninsule acadienne et à toute la province est immense.

Comme le titrait le journal la semaine dernière, Richard Losier était un monument de par sa générosité et ses grandes qualités.

Nos plus sincères condoléances à toute la famille.

Bonne semaine à tous.