Les dommages collatéraux de la COVID-19

Même si le Nouveau-Brunswick sur le plan sanitaire se tire très bien d’affaire dans sa lutte contre la COVID-19, les dommages collatéraux à notre société se font nombreux. Tout d’abord, on peut noter l’arbitraire qui sévit à nos frontières. Selon le garde de chasse ou le garde de pêche déployé à celles-ci pour agir comme agent de la paix, une personne pourra oui ou non se rendre au chevet d’un être cher en fin de vie. On peut comprendre que les paisibles citoyens de la province puissent dénoncer ce manque de cohérence voire de justice dans l’application des règles.

À vouloir protéger les personnes âgées qui sont les plus vulnérables à la COVID-19, ces dernières sont confinées à une quarantaine dévastatrice sur le plan psychologique. Les contacts avec leurs proches au travers d’une fenêtre ou par internet ne sauraient suffire. Il faudra pour leur bien-être global commencer leur déconfinement.

Plus que jamais, les trois provinces maritimes dont la population est plus petite que celle de la ville de Montréal sont isolées. Comment expliquer aux gens vivant à la frontière du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse qu’ils ne peuvent se rendre à Moncton pour prendre un avion? Comment convaincre une famille partagée entre le Témiscouata et le Madawaska que ses membres ne peuvent se visiter sans faire une quarantaine de 14 jours?

Les petits commerces comme les restaurants et les bars et le secteur de l’industrie touristique sont d’autres victimes des effets dévastateurs de la COVID-19. Certains propriétaires tentent tant bien que mal de redémarrer leurs activités, mais c’est sans compter l’application parfois arbitraire des règles imposées par Fredericton. La cohérence et la régularité ne sont pas toujours au rendez-vous.

Un autre secteur qui devra composer avec la COVID-19 est celui des universités. La fermeture des frontières pourrait sérieusement affecter le recrutement des étudiants à l’international. Ça représente environ 20% des effectifs étudiants de l’Université de Moncton. L’absence de ces étudiants sur nos campus et dans les salles de classe va se faire sentir à tous les niveaux. On peut s’étonner que le gouvernement Trudeau n’ait pas encore annoncé un programme d’aides financières pour les universités au pays et plus particulièrement celles en milieu minoritaire.

Graduellement, le bon sens commence à prévaloir. C’est ainsi que les propriétaires de résidences secondaires dans la province pourront avoir accès à leur propriété en se soumettant à une quarantaine. Il en est de même pour les membres rapprochés d’une famille. Toutefois, pour plusieurs ces mesures ne sont pas suffisantes et sont toujours trop contraignantes.

Le Canada est une fédération étalée sur un immense territoire avec des frontières provinciales plus étanches que celles entre les pays souverains de l’Union européenne. Tout en respectant l’autonomie des provinces, le gouvernement Trudeau devrait s’assurer que les citoyens canadiens puissent être traités de manière comparable.

Il n’y a pas de raisons qui justifient que les citoyens de l’Outaouais puissent circuler sans problème entre le Québec et l’Ontario alors que ceux des Maritimes en sont empêchés.