Télétravailler: un bienfait écologique et économique pour les Maritimes

Selon une étude parue au Telework Research Network, 44% des emplois au Canada seraient compatibles avec le travail à distance. Le télétravail possède un potentiel de développement non négligeable et pourrait entraîner des effets bénéfiques sur l’ensemble du territoire Canadien et celui des Maritimes en particulier.

Quelle que soit la forme prise (travail à domicile, dans un espace de coworking par exemple…), le télétravail a pour effet de réduire le nombre de trajets ou au moins les distances parcourues pour aller de son domicile à son lieu de travail. En plus des bienfaits économiques de ces réductions pour le télétravailleur, il y a un impact significatif sur l’environnement.

Télétravailler amène à utiliser moins souvent son véhicule et diminue les émissions de gaz à effet de serre. Au Québec, une étude du centre de recherche CIRANO révèle qu’au cours des quatre premières semaines de confinement, le télétravail a permis de réduire de 54 145 tonnes les émissions de gaz à effet de serre.

Cela équivaut au total des émissions de 5700 Québécois pendant une année. On peut donc aisément imaginer, par analogie, les bienfaits pour l’environnement que le télétravail a offert aux Provinces maritimes. Ceci nous démontre alors l’importance de modifier, de manière pérenne, nos habitudes et notamment de travailler autrement.

Outre les bienfaits écologiques sur nos territoires, travailler à distance permet aux télétravailleurs d’accomplir leurs missions en tout temps, mais aussi en tout lieu. Si le télétravail devenait une pratique généralisée, il pourrait alors permettre aux télétravailleurs qui le souhaitent de quitter les grandes agglomérations canadiennes très peuplées et polluées pour s’installer dans des provinces ou des villes moyennes où le nombre d’habitants a parfois diminué au fil du temps, comme au Nouveau-Brunswick.

Le télétravail pourrait alors aussi contribuer à rétablir un juste équilibre entre les territoires dévitalisés et les grands centres urbains, en faisant venir de nouveaux habitants en régions, mais également en permettant à la jeune génération provenant de ces régions de rester dans leur territoire d’origine pour y travailler.

Le travail à distance éviterait alors l’étalement urbain, tout en redynamisant les régions éloignées. Les télétravailleurs pourraient améliorer leur qualité de vie, en quittant les grandes villes surpeuplées, tout en habitant dans des logements plus grands et moins coûteux. Les petites et moyennes villes, ainsi que les régions éloignées, verraient leur nombre d’habitants augmenter par une population plus jeune et en emploi.

Ces nouveaux arrivants pourraient alors consommer sur place, participer aux paiements des taxes locales, voire aussi créer de l’emploi et des opportunités d’affaires pour les habitants d’origine.

Dans cette optique, le télétravail serait un premier pas vers une avancée beaucoup plus profonde en matière d’organisation du travail, de protection de l’environnement et de revitalisation de certains territoires.

Le télétravail pourrait alors offrir une opportunité de rééquilibrage économique et démographique entre les zones urbaines et les zones rurales canadiennes, à condition de faire preuve de réflexion stratégique quant à son déploiement.