Le Jake Stewart nouveau

Le ministre des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick a étonnement réussit à s’illustrer à travers les événements tragiques que vivent les membres des Premières Nations de la province ces jours-ci. Jake Stewart a su prononcer les bons mots au bon moment alors que la province est secouée par la mort de deux autochtones, Chantel Moore et Rodney Levi, tués par la police à huit jours d’intervalle.

M. Stewart a fait preuve de courage et de compassion en admettant rapidement et sans se faire tirer l’oreille que le racisme systémique contre les autochtones existe au Nouveau-Brunswick et qu’il faut s’y attaquer sur le champ.

Il est même allé jusqu’à rompre quelque peu les rangs en promettant de se battre pour la tenue d’une commission d’enquête publique sur la question alors que son propre premier ministre et d’autres collègues du cabinet refusent toujours cette idée. Ainsi, Jake Stewart a plutôt l’air d’être le ministre des Autochtones auprès du gouvernement que le représentant du gouvernement auprès des Autochtones et c’est tant mieux.

L’attitude de M. Stewart dans ce dossier pourrait étonner les lecteurs de l’Acadie Nouvelle qui se souviennent surtout de lui comme du candidat le plus hostile aux francophones durant la course à la direction du Parti progressiste-conservateur qui a été remportée par Blaine Higgs il y a quatre ans.

Les idées et les propos de M. Stewart au sujet des excès (complètement imaginaires) du bilinguisme officiel ressemblaient alors à s’y méprendre à ceux de l’Alliance des gens, un parti très populaire dans sa région.

Malgré sa bonne performance des derniers jours, Jake Stewart a encore énormément de travail à faire. Il devra aller au-delà des bons mots et des bons sentiments pour faire une véritable différence dans la vie des autochtones de cette province. Il aura cependant fait un bon pas dans cette direction s’il réussit à convaincre son premier ministre de lancer rapidement une enquête sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick.