Force of Nature: divertissant… pour les mauvaises raisons

Certains comédiens disparaissent parfois de la carte sans qu’on s’en rende compte. Force of Nature, une production américaine tournée à Porto Rico met en scène trois de ces comédiens. Et ceux-ci n’arrivent pas à sauver un film qui se veut divertissant… pour les mauvaises raisons.

Après une fructueuse carrière de plus de 25 ans marquée par des succès comme Braveheart, Mad Max et Lethal Weapon, Mel Gibson est devenu persona non grata à Hollywood en 2006 après une tirade antisémite.

Mis au monde par Into the Wild en 2007, Emile Hirsch semblait voué à un brillant avenir dans l’industrie. Il aura fallu attendre près d’une décennie avant de le revoir dans une production majeure, Once Upon a Time in Hollywood (2019) – et encore là, dans un rôle secondaire.

Kate Bosworth a quant à elle connu la célébrité au début des années 2000 grâce à des apparitions dans Blue Crush et Superman Returns. Elle a depuis été cantonnée à des petits films sans envergure.

C’est la présence au générique de ces trois anciens gros noms qui m’a convaincu de voir Force of Nature (disponible en location dès mardi).
Sans être un navet, le film manque énormément de lustre et de professionnalisme.

Ouragan

Force of Nature se déroule le jour où un ouragan se déchaîne à Porto Rico.

Deux policiers (Hirsch et la Péruvienne Stephanie Cayo) sont chargés d’évacuer deux aînés réticents à quitter leur immeuble.

Les choses se compliquent quand une bande de criminels souhaitent profiter du chaos pour voler les oeuvres d’art d’un habitant du même immeuble.

Aidés d’un ancien flic (Gibson) et de sa fille médecin (Bosworth), les deux agents tenteront d’empêcher le vol, mais surtout, de rester en vie.

Brouillon

Force of Nature a autant de valeur artistique qu’un film tourné pour la télévision dans les années 1980.

Un ouragan de force 5 amène son lot de vent et de pluie. Or, les vêtements des personnages sèchent comme par magie et leurs cheveux demeurent impeccablement coiffés malgré des rafales de 200 km/h…

Ce sont de petits détails, certes, mais qui montrent le peu de sérieux de l’équipe de production (malgré un budget de 23 millions $!).

Les dialogues sont forcés, le scénario prévisible et les décisions prises par les héros et les méchants frôlent souvent le ridicule.

C’est toutefois un réel plaisir coupable de voir Mel Gibson jouer les caricatures du légendaire Riggs. Et on s’amuse énormément à tenter de repérer toutes les erreurs de production.

Bref, Force of Nature est un bon petit divertissement, surtout parce que c’est le genre de film qui vous fait crouler de rire tellement il est lamentable.

(2 étoiles sur 5)

 

You Should Have Left: sans queue ni tête

You Should Have Left, un thriller psychologique mettant en vedette Kevin Bacon et Amanda Seyfried, est un exercice de style qui manque cruellement de substance.

Theo (Bacon) est un banquier à la retraite qui, dans le passé, a été accusé puis acquitté du meurtre de sa femme.

Il a plus tard marié une jeune comédienne, Susanna (Seyfried), avec qui il a eu une fille, Ella, maintenant âgée de 6 ans.

Sentant que la carrière de sa femme pèse de plus en plus lourd sur leur couple, Theo propose que toute la famille se déracine pour plusieurs semaines.

Le trio prend donc la route du Pays de Galles où il s’installe dans une luxueuse demeure bâtie près d’un petit village.

Une fois sur place, Theo multiplie les cauchemars.

Il réalise petit à petit que des forces surnaturelles rôdent dans la maison et que sa famille est loin d’être à l’abri.

Exercice de style

Même s’il est davantage reconnu en tant que scénariste (on lui doit notamment Jurassic Park, Mission: Impossible et Spider-Man) David Koepp sait également manier la caméra.

Au cours des années, il a tourné Ghost Town (2008), Secret Window (avec Johnny Depp, 2004) et The Trigger Effect (1996).

Dans You Should Have Left (disponible en location depuis quelques jours), le quinquagénaire du Wisconsin a apporté une attention toute spéciale aux images.

Les ombres occupent une place très importante dans le film. La très aseptisée décoration intérieure de la maison contribue également à rendre l’ambiance très singulière.

Malheureusement, cet exercice de style ne parvient pas à élever le niveau d’un film sans queue ni tête et très ennuyeux.

You Should Have Left dure 93 minutes et, croyez-le ou non, il ne se passe pratiquement rien d’intéressant pendant les 70 premières minutes.

C’est long, ennuyeux et dépourvu de toute tension ou horreur.

Les choses s’améliorent un peu par la suite, mais il serait exagéré de parler de terreur ou d’angoisse.

Et une fois le fameux secret de la maison dévoilé, on ne peut que soupirer en réalisant qu’on vient de perdre une heure et demie de sa vie pour une histoire aussi banale.

(2 étoiles sur 5)