Les députés fantômes

Imaginez être un employeur tout à fait incapable de savoir si ses travailleurs se présentent au boulot ou non. Tous les quatre ans, vous seriez appelés à renouveler le contrat de vos employés sans être véritablement au courant de leur taux d’assiduité. En théorie, votre personnel pourrait manquer des semaines complètes de travail sans qu’on vous le dise. Certains employés pourraient se contenter de faire acte de présence en laissant leurs collègues se taper toute la besogne.

Au Nouveau-Brunswick, nous sommes tous un peu dans la situation de cet employeur déconnecté de son personnel. Puisque l’Assemblée législative ne prend pas les présences des élus, il est impossible pour les citoyens de savoir si leur député est bel et bien en train de défendre leurs intérêts à Fredericton ou s’il avait mieux à faire ce jour-là.

Même lorsque vient le temps de voter, la voix de chaque élu est enregistrée seulement si l’un d’entre eux exige un vote par assis et debout. Il peut donc s’écouler plusieurs jours à l’Assemblée sans que soit noté qui est présent et qui ne l’est pas. Et même lorsque l’on procède à un vote debout, il est impossible de savoir si un député était absent ou s’il s’est simplement abstenu de voter.

Avant de tirer la sonnette d’alarme, il faut savoir que l’immense majorité des députés sont fidèles au poste à l’Assemblée en plus de leur horaire de fou dans leurs communautés. Certains députés, surtout d’anciens ministres, ont cependant tendance à disparaître lorsqu’ils se retrouvent dans l’opposition. Les libéraux et les progressistes-conservateurs sont coupables d’avoir toléré ces députés fantômes dans leurs rangs. Le travail à l’Assemblée est loin d’être la seule responsabilité de nos élus, mais puisque qu’ils siègent déjà très peu au Nouveau-Brunswick, c’est la moindre des choses que de s’attendre à ce qu’ils soient présents durant ces quelques semaines de labeur.

Votre député est-il l’un de ces élus fantômes? Voici une excellente question qui mérite une réponse.