Autoriser le travail à domicile? Oui, mais pas n’importe comment

Il n’est pas toujours possible pour un employeur d’autoriser le travail à domicile à tous les employés qui le souhaiteraient. Un certain nombre de critères doivent, en amont, être examinés.

Tout d’abord, cela semble évident, le télétravail n’est envisageable que pour les métiers dont les tâches peuvent, en totalité ou en partie, être accomplies à distance. Certains métiers en sont, de fait, exclus. Il s’agit de professions dont les missions s’effectuent sur le lieu de travail obligatoirement ou sur le terrain.

Ensuite, il incombe au gestionnaire de sélectionner parmi les employés qui en font la demande, ceux capables de télétravailler. Le travail à distance est accordé, le plus souvent, aux employés qui possèdent une ancienneté suffisante (d’au moins six mois à une année). Cette expérience leur permet de mieux connaître le fonctionnement de l’organisation, mais aussi d’attester de leur niveau d’autonomie dans le travail, ou encore de leur capacité à s’organiser, réactivité et rendement. L’ancienneté et la compétence professionnelle avérée deviennent deux éléments essentiels dans le rapport de confiance que va instaurer cette future relation de travail à distance.

Il est aussi nécessaire de réfléchir à la périodicité et au nombre de jours où le travail à domicile peut être accordé aux employés. Certains employeurs évitent d’accorder le télétravail plus de deux jours par semaine pour éviter la désocialisation du télétravailleur.

Le gestionnaire doit également vérifier qu’accorder le travail à domicile à certains employés ne va pas nuire au fonctionnement du service ni porter atteinte aux missions des autres collègues. L’employeur doit aussi s’assurer de la conformité du dispositif avec les normes légales en matière de santé et de sécurité, ainsi qu’avec les conventions collectives en vigueur.

Parfois, même si l’employé est autonome et qu’il occupe un métier aux missions appropriées, les incompatibilités techniques empêchent de lui accorder le télétravail. La présence d’un réseau haut, et même très haut débit dans le secteur où se trouve le domicile de l’employé est essentielle.

De plus, même si tous les critères sont réunis, l’employeur peut refuser le travail à domicile à ses employés si le coût de sa mise en place est trop élevé et peut nuire à la santé financière de l’entreprise. Le travail à domicile doit en effet être rentable. Cela signifie que même s’il a été accordé, l’employeur peut revenir sur sa décision, si le rendement du télétravailleur n’est pas satisfaisant. C’est aussi pour cela que l’employeur n’accorde le télétravail que pour des durées limitées allant de six mois à une année. Les missions réalisées à distance devront aussi être vérifiées par le gestionnaire qui fixe les objectifs et résultats attendus, au préalable.

Une fois la demande approuvée, le gestionnaire doit s’assurer que le futur télétravailleur et ses collègues aient conscience des aspects pratiques de sa mise en place, tout comme des répercussions. Enfin, chaque partie devrait pouvoir mettre fin au télétravail à tout moment, si les objectifs réciproques ne sont pas respectés, et ce, sans préavis.