La semaine de 4 jours pour sortir de la crise?

La COVID-19 a contraint les employeurs à modifier leur organisation traditionnelle de travail, en autorisant rapidement le travail à domicile à une partie de leurs employés. Mais au-delà du télétravail, la situation actuelle peut aussi être l’occasion de repenser en profondeur notre façon de percevoir le travail et notamment sa répartition hebdomadaire.

La semaine traditionnelle de travail, pour un emploi à temps complet, s’étend du lundi au vendredi, le plus souvent. Mais rien n’empêche de repenser différemment cette organisation.

D’ailleurs, en ce mois de juillet 2020, le chef du Parti vert de la province de l’Île-du-Prince-Édouard, Peter Bevan-Baker a suggéré le développement de la semaine de 4 jours pour 32 heures de travail hebdomadaire. Un projet pilote de même ampleur a aussi été accordé à une soixantaine d’employés municipaux de la municipalité de Guysborough en Nouvelle-Écosse avec des résultats déjà positifs sur le rendement, comme sur le bien-être des employés.

Ce sujet n’est pourtant pas nouveau et a déjà fait l’objet de discussions tant parmi les employeurs que leurs employés au Canada, depuis plusieurs décennies. En 2018, l’Institut Angus Reid a même réalisé un sondage qui a démontré que près de 7 Canadiens sur 10 préfèreraient accomplir leurs 40 heures de travail hebdomadaire en 4 jours, pour bénéficier de trois journées de repos par semaine.

La semaine de 4 jours (de 32 ou 40 heures) pourrait offrir aux employés une organisation du travail plus souple fondée sur le résultat, ainsi qu’une meilleure conciliation travail-famille. Certains employeurs se montrent également de moins en moins réticents à sa mise en place, même s’ils hésitent à le faire invoquant un risque de perte de productivité. Or, cette crainte n’est pas avérée. Par exemple, au Japon, l’entreprise Microsoft recourt à la semaine de 4 jours et a constaté une augmentation du rendement des employés de 40%. Les employeurs qui l’ont accordé constatent, au contraire, une amélioration notable de la qualité de vie, de la motivation et de la concentration des employés. Cela ne nuit pas à la qualité de leur travail ni au rendement de l’employeur.

Mais bien plus encore, un employeur qui autorise la semaine de 4 jours, obtient une image plus moderne, devient plus attractif pour s’attirer les meilleurs talents, tout en fidélisant aussi les employés déjà recrutés.

Cette mise en place peut, en outre, entraîner un impact positif sur l’environnement par la réduction de 20% du nombre de trajets domicile-travail. Cela peut susciter une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre et de l’empreinte carbone des employés concernés. Les employés peuvent aussi voir leurs frais de transport et leurs dépenses connexes (achat du lunch…) se réduire.

Actuellement, la pandémie amène chaque territoire à réfléchir aux options possibles pour sortir de la crise économique post-COVID-19. La semaine de 4 jours peut être l’une des options à envisager pour le Nouveau-Brunswick qui pourrait prendre exemple sur ses provinces voisines pour lancer une réflexion sur le sujet à son tour.