Quand «chialer» donne quelque chose

Critiquer les gouvernements, c’est souvent comme crier dans le vide. On gueule, on gueule, mais personne ne répond et rien ne change.

La semaine passée, une nouvelle a donné espoir à ceux qui croient que les élus ne devraient pas être redevables qu’une fois tous les quatre ans.

Il s’agit de la démission de Kevin Cormier, après seulement cinq mois en poste comme patron des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick.

Ce conseiller stratégique au bureau du conseil exécutif a été nommé même s’il n’avait pas les qualifications essentielles décrites très clairement dans l’offre d’emploi. Des observateurs ont crié au favoritisme politique.

S’il a quitté son poste, c’est parce que des gens n’ont pas accepté sa nomination en silence. Des gens comme sa prédécesseure, Sylvie Nadeau. Cette bibliothécaire récemment retraitée s’est dit que ça n’avait pas d’allure et qu’il fallait qu’elle fasse quelque chose.

Elle a donné des entrevues aux médias et écrit au premier ministre pour demander un examen indépendant du processus de recrutement et de nomination. Elle a aussi demandé aux élus municipaux des communautés dotées d’une biblio publique de prendre position.

Ses efforts – et ceux de quelques autres personnes – ont fini par porter leurs fruits. Pas immédiatement, mais quand même. Ce n’est pas rien.

Ce dénouement nous rappelle que demander des comptes aux institutions publiques n’est pas toujours un exercice futile.

Certains le font dans la rue, d’autres en envoyant des lettres ou en publiant des mèmes sur Instagram. Certains demandent des changements structurels et radicaux, d’autres veulent simplement que les règles soient suivies comme du monde.

Oui, ils dérangent quand ils brassent la cage. Oui, ils agacent les élus avec leurs remises en question. Tout ce «chialage» vous tape sans doute un peu (ou beaucoup) sur les nerfs de temps en temps. Et vous n’êtes sûrement pas tout le temps d’accord avec leurs demandes.

Mais n’est-il pas mieux de chialer que d’être apathique, de hausser les épaules et de se dire «hé ben, c’est ça qu’est ça» lorsque l’on se sent interpellé par une injustice?